L’Afrique manque de tests pour répondre efficacement à la pandémie

Isopix

Le continent africain semble relativement épargné par l’épidémie de coronavirus. Certains pays n’ont même pas annoncé un millier de cas de coronavirus. Il y a quelques mois, il semblait encore tout à fait réaliste que l’Afrique ait réussi à échapper à la maladie. Mais aujourd’hui, les chiffres sont certainement sous-estimés.

L’Afrique a dépassé hier le cap du million de cas positifs. On est bien loin des 3 millions de cas en Europe, dès 6 millions en Amérique du Nord, ou des 4,5 millions en Amérique latine. Il s’agit pourtant du deuxième continent plus grand au monde et l’un des plus peuplés. En comparaison au reste du monde, le continent semble avoir réussi à contenir la maladie.

Plusieurs facteurs démographiques et politiques peuvent l’expliquer. Mais aujourd’hui, les analystes considèrent que la capacité de test est beaucoup trop faible et que de nombreux cas ne sont tout simplement pas détectés.

L’un des exemples les plus marquants est certainement celui de la Tanzanie. Comme l’explique la BBC, plus aucune donnée sur l’épidémie n’a été publiée depuis le début du mois de juillet.

Le journal Le Point a aussi analysé les différents chiffres publiés par les pays africains. Une conclusion ressort : plus on fait de tests et plus on découvre de cas. Les pays qui font énormément de tests recensent plus de personnes contaminées, comme l’Afrique du Sud qui a déclaré plus de la moitié des cas positifs du continent. Au Mali, au Burundi ou encore au Niger, c’est l’inverse.

Le manque de test est surtout frappant dans l’évolution de l’épidémie. En Europe, en Asie ou en Amérique, les cas annoncés quotidiennement ont grimpé de manière exponentielle. En Afrique, les chiffres plafonnent dans de nombreux pays. Et cela est dû au nombre de tests très limités qui ne permettent pas de montrer cette augmentation.

Tester, tracer et traiter

Pour mieux évaluer l’ampleur de la maladie sur le continent, la clé est donc de tester plus largement la population. L’African Union appelle à une action ‘agressive et audacieuse’, et cela passe entre autres par une capacité de test plus importante.

L’Africa CDC a donc lancé ‘Partnership to Accelerate COVID-19 Testing (PACT): Test, Trace, Treat’, un programme qui a pour but d’augmenter le nombre de tests. Dans la pratique, il s’agit d’abord d’un guide de bonne pratique pour améliorer les capacités de test et trier les cas positifs pour soigner en priorité ceux qui en ont le plus besoin.

Mais le CDC et l’African Union veulent aider dans la pratique. De ce fait, ils proposent de créer une plateforme d’approvisionnement pour les fournitures médicales et de laboratoire à l’échelle du continent. 100.000 travailleurs dans les soins de santé devraient aussi être formés.

Si les États africains collaborent à ce PACT, les chiffres annoncés pour l’Afrique devraient donner une meilleure compréhension de l’épidémie. Il serait alors possible de vérifier si le continent profite de véritables prédispositions démographiques et d’une bonne préparation à ce type d’épidémie.