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La zone euro va-t-elle se doter de… deux euros différents?

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Économie

09/04/2020 | Dominique Dewitte | 5 min de lecture

(EPA-EFE/JULIEN WARNAND / POOL)

La France étudie la possibilité d’aider les pays les plus touchés par la crise du coronavirus en émettant à l’avenir des titres de créance avec un petit groupe de pays de la zone euro. Cette éventualité pourrait intervenir si aucune solution n’est trouvée pour l’émission de ‘coronabonds’ ou ’eurobonds’, croit savoir Reuters sur base de sources proches du président français Emmanuel Macron.

Après 16 heures de vidéoconférence (un record ?) mardi, les ministres des Finances de l’Union européenne ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur un soutien accru aux économies les plus touchées par le coronavirus. Les discussions reprennent ce jeudi.

L’initiative française fait suite à l’appel lancé par l’ancien commissaire européen Pascal Lamy de contourner l’opposition à l’émission conjointe de dettes en zone euro. ‘Soyons très clairs: ce n’est pas notre souhait. Il serait préférable de procéder conjointement avec tous les membres de la zone euro’, affirme une source à Reuters. ‘Mais la question se pose de savoir si un certain nombre de choses ne peuvent pas être réalisées à l’avenir dans un format plus petit en termes de solidarité, y compris l’émission de dette.’

EPA-EFE/BART MAAT

Nord vs Sud

Entre-temps, la ligne de démarcation à l’intérieur du bloc devient de plus en plus claire. En Europe du Nord, les Pays-Bas, l’Autriche et la Suède réclament des réductions. Alors que l’Espagne et l’Italie, les pays les plus touchés par le coronavirus, ainsi que la Grèce, appellent à la solidarité. Au centre se trouvent l’Allemagne et la France qui tendent respectivement vers le nord et le sud, mais tentent de sauver l’Union et l’euro à tout prix.

La vidéoconférence de mardi se serait révélée être une sorte de bataille rangée entre les ministres néerlandais et italien. Les deux hommes ont campé sur leur position diamétralement opposées. Vers minuit, un texte de compromis était apparemment sur la table, et vis-à-vis duquel la France et l’Allemagne pouvaient se mettre d’accord, mais les partisans d’une ligne dure, les Pays-Bas et l’Italie, n’en sont pas encore là.

Eurobonds, coronabonds, ‘Club-Med bonds

En définitive, tout tourne autour des fameux ‘eurobonds’ ou ‘coronabonds’, dont on ne cesse de parler. Il s’agit en fait d’obligations, mais au niveau européen. Les gouvernements et les entreprises peuvent émettre ce type de valeurs mobilières, qui constituent des créances, afin de financer leurs dettes, leurs dépenses ou leurs investissements. Un tel instrument n’existe pas encore à l’échelon européen, mais il serait particulièrement utile pour les pays financièrement plus faibles. Cela leur permettrait de bénéficier d’un taux moins élevé lorsqu’ils contractent eux-mêmes un prêt.

Le sujet divise également en Belgique: alors qu’Alexander De Croo (Open Vld), ministre des Finances, se montre prudent vis-à-vis des euro-obligations, la Première ministre Sophie Wilmès (MR) s’inscrit totalement dans la lignée d’Emmanuel Macron.

Notre pays se retrouve donc entre deux feux. Si les pays du Sud de l’Europe, le club des neuf, décidaient de faire cavalier seul et d’émettre eux-mêmes des ‘euro bonds’, alors dites ‘Club Med bonds’, la zone euro se retrouverait coupée en deux. Quelle serait alors la position de la Belgique?

Dans la pratique, une telle émission d’obligations ‘Club Med’ serait synonyme d’une zone euro avec… deux euros différents. Et avec toutes les conséquences qui en découlent pour le marché intérieur, c’est-à-dire pour les importations et les exportations entre les pays de l’eurozone.

Source: Reuters


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