Rarissime : une plateforme de vente en ligne américaine déréférencée de Google en France

Il est rare d’assister à un tel tour de vis de la part d’un État sur une compagnie entièrement active sur le Web, du moins dans un pays démocratique : les services français de la répression des fraudes ont demandé le déréférencement de la plateforme de vente en ligne Wish sur les moteurs de recherche tels que Google.

Celle-ci est accusée de mettre en vente des produits non-conformes aux normes de sécurité en vigueur en France, voire carrément dangereux. Dans les prochains jours, Wish va donc disparaître des résultats de recherche, sur Google par exemple, ainsi que des magasins d’application. L’accès au site sera en revanche toujours possible en tapant l’adresse directement.

90% des appareils électriques considérés dangereux

Le business de Wish est entièrement basé sur la revente de produits bon marché, fabriqués en Chine pour la plupart. Or, bien souvent, ceux-ci n’ont pas passé les tests assurant leur conformité avec les normes d’un pays d’Europe. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a ainsi mené une enquête sur la sécurité des produits vendus sur les places de marché en ligne. Et les résultats n’étaient guère probants : sur 140 objets mis en vente sur Wish et analysés par l’organisme français, 90% des appareils électriques analysés étaient considérés comme dangereux, tout comme 62% des bijoux fantaisie et 45% des jouets.

La plateforme de vente en ligne aurait été sommée de régler ce problème, mais la DGCCRF estime ne pas avoir reçu de « réponse satisfaisante ». D’où cette grosse sanction, qui devrait durer jusqu’à ce que Wish se remette en conformité avec la loi. « Il n’y a pas de raison de tolérer en ligne ce que nous n’acceptons pas dans les commerces physiques », a commenté le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire.

Publicités mensongères

Créée en 2010 et basée à San Francisco, Wish revendique quelque 100 millions d’utilisateurs actifs, et est entrée en Bourse à Wall Street en décembre 2020. Elle a toutefois déjà attiré les foudres des services de protection des consommateurs français, qui l’accusaient de faire des réductions de prix « trompeuses » et de mettre en vente des produits d’appel qui n’étaient pas réellement disponibles.

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