La Lettonie autorise le licenciement des personnes non-vaccinées, quel que soit leur métier

Faisant face à sa pire vague de coronavirus depuis le début de la pandémie, la Lettonie vient d’annoncer une mesure très forte en vue de pousser un maximum de ses citoyens à se faire vacciner. La menace du licenciement planera bientôt au-dessus de tous les réfractaires.

Depuis le tout début de l’automne, la Lettonie voit le nombre de ses contaminations au Covid-19 exploser sur son territoire. Les chiffres sont plus de deux fois plus importants que lors de la précédente vague la plus élevée, au début de l’hiver dernier. Ces derniers jours, les barres des 2000 et des 3000 nouveaux cas quotidiens ont été dépassées, alors que le pays ne compte que 1,9 million d’habitants.

Cette vague ne se répercute pas qu’au niveau des contaminations, puisque les hôpitaux lettons commencent à être submergés par les malades.

« Nous sommes obligés de refuser les autres patients qui ont des diagnostics sans risque pour la vie. Les équipes d’urgences médicales ne peuvent même pas répondre à tous les appels », a notamment signalé Karlis Racenis, le chef d’une association de jeunes médecins.

Dès lors, ce lundi, le pays balte a déclaré un état d’urgence de trois mois. Le port du masque est devenu obligatoire dans tous les édifices ouverts au public. Le télétravail est fortement recommandé, et il est vivement conseillé à chacun de limiter ses contacts.

Lourdes sanctions pour les non-vaccinés

Cet état d’urgence se traduit également par des mesures très strictes envers les personnes non-vaccinées. La Lettonie affiche en effet l’un des taux de vaccination les plus bas de l’Union européenne. Selon les données de Bloomberg, seuls 53,8% des Lettons sont entièrement vaccinés, là où ce chiffre est de 67,2% au sein de l’UE.

Parmi les différentes décisions prises par le gouvernement letton, il y a notamment le fait que les personnes non vaccinées ne seront autorisées à acheter leurs aliments et d’autres articles de première nécessité que dans des magasins indiqués.

En outre, en début de semaine, il avait été annoncé que tous les employés du domaine public devraient être vaccinés pour le 15 novembre. Ce jeudi, le gouvernement a même décidé d’aller plus loin, rapporte Reuters. Une nouvelle loi a été votée: elle permet aux entreprises, tous secteurs confondus, de sévèrement sanctionner leurs employés.

Concrètement, à partir du 15 novembre, une entreprise lettone sera autorisée à suspendre sans salaire les personnes non vaccinées ou, si cela possible, de les pousser à travailler à distance. Si l’employé en question ne s’est toujours pas fait vacciner dans les trois mois suivants la sanction, l’employeur pourra le licencier.

« Il y a une raison suffisante de croire que cette personne n’est pas apte à occuper le poste », a justifié le gouvernement letton dans un document soumis au Parlement, expliquant le raisonnement.

Notons que quelques exceptions sont prévues, notamment pour les personnes ne pouvant pas recevoir le vaccin contre le Covid-19 pour des raisons médicales ou qui ont guéri de la maladie récemment.

Auparavant, cette obligation de vaccination ne s’appliquait qu’aux travailleurs des secteurs de la santé, de l’éducation et de l’aide sociale. Désormais, elle sera donc valable pour tout le monde, peu importe la profession.

Les États-Unis resserrent aussi la vis

Ce jeudi, outre-Atlantique, les États-Unis ont également pris une décision forte (bien que moins radicale) pour pousser à la vaccination. À partir du 4 janvier 2022, les employés des entreprises de plus de 100 personnes, les travailleurs du monde médical et les salariés des sous-traitants d’agences fédérales seront soumis à l’obligation vaccinale. S’ils ne sont toujours pas vaccinés, ils seront contraints de se soumettre à au moins un test de dépistage par semaine.

Censée toucher plus de deux tiers de la main-d’œuvre du pays, cette mesure avait été annoncée en septembre par le président Biden. Cela permettra, selon lui, de « tourner la page » du coronavirus et serrer la vis pour les millions d’Américains qui refusent encore de se faire vacciner.

Où en est-on en Belgique ?

En Belgique, nous sommes encore très éloignés de ces mesures radicales. À la fin du mois d’août, un accord de principe d’obligation vaccinale pour le personnel des soins de santé a été trouvé dans le cadre d’un Comité de concertation (Codeco). Toutefois, cela ne s’est pas encore traduit en pratique.

Tout le cadre légal entourant cette obligation doit encore être défini. Le texte de loi ne devrait pas être déposé avant la fin de l’année. Pour l’instant, tout est encore très flou:

  • On ne sait pas encore qui sera soumis à cette obligation: seulement les travailleurs directement impliqués dans les soins, toutes les personnes travaillant dans des établissements de soins de santé (hôpitaux, maisons de repos, cabinets de médecins, les secteurs des soins aux personnes handicapées, des soins de santé mentale, …) y compris le personnel administratif, de nettoyage et Horeca, ou un entre-deux ?
  • On ne sait pas non plus comment pourraient être organisés les contrôles. Le contrôle des travailleurs indépendants (tels que les aides-soignants à domicile) s’annonce par exemple difficile à organiser.
  • Enfin, rien n’a été décidé non plus sur le plan des sanctions. Les employeurs sont plutôt favorables à quelques mois de transition, avant une suspension et une privation de salaire puis, éventuellement, un licenciement. Les syndicats ne veulent pas entendre parler de licenciement, et sont très réfractaires à la suspension.
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