La Chine teste un type de train révolutionnaire qui a besoin de très peu d’énergie pour circuler

Des chercheurs chinois sont parvenus à rendre le concept de train à sustentation magnétique – appelé plus communément « maglev » pour « magnetic levitation » – plus vert en réduisant de manière importante la quantité d’électricité nécessaire pour se déplacer.

La Chine poursuit ses travaux pour moderniser son réseau ferroviaire. Ainsi, alors que plusieurs lignes de trains dits maglev sont actuellement en test dans le pays, des chercheurs de l’Université des sciences et technologies du Jiangxi sont parvenus à améliorer encore un peu plus le concept, rapporte le South China Morning Post.

Phénomène maglev ?

Les trains à sustentation magnétique utilisent les forces magnétiques pour se déplacer. Contrairement aux trains classiques, ceux dits maglev ne sont pas en contact avec les rails, mais lévitent au-dessus d’eux grâce à des aimants supraconducteurs (ou des électroaimants). Ces derniers sont refroidis à des températures extrêmes, ce qui augmente considérablement la puissance de leur champ magnétique. Or, comme pour les aimants ordinaires, lorsque les pôles identiques de deux aimants sont rapprochés, ils se repoussent en raison de leur champ magnétique, ce qui provoque la lévitation des trains maglev.

Un mouvement est ensuite généré en faisant s’alterner les pôles positifs et négatifs des aimants sur les rails et ainsi, exploiter leur attraction et répulsion magnétiques pour faire avancer les trains. Ce procédé permet également d’atteindre des vitesses plus élevées.

Un nouveau prototype vert

Or, la plupart des appareils testés jusqu’à présent exigent une grande quantité d’électricité pour exploiter le champ électromagnétique des aimants des trains et des rails et ainsi les faire se soulever et avancer. C’est à ce niveau que le concept mis au point par les chercheurs chinois se différencie. Le Red Rail – comme ils l’ont baptisé – repose sur des aimants riches en terres rares, dont regorge la Chine, qui font léviter naturellement les trains. Le système n’a donc plus besoin que d’une toute petite quantité d’énergie pour propulser le train.

De quoi réduire la facture d’électricité, mais également le champ électromagnétique provoqué par les aimants qui peut nuire à l’environnement.

La présence de ces terres rares rend également les trains plus durables puisqu’elles ne perdent pas leur magnétisme avec le temps, contrairement aux aimants. La lévitation est donc permanente.

Une solution urbaine séduisante

En l’état, la première ligne maglev suspendue au monde peut générer une force suffisante pour soulever et déplacer un train comprenant 88 personnes à une vitesse de 7,5 km/h lors de ses tests, mais le Red Train pourrait aisément atteindre les 80 km/h, avec une vitesse de pointe de 120 km/h, sur une ligne plus longue.

Des capacités en deçà de certains trains maglev déjà testés – le plus rapide, le Transrapid de Shanghai, peut atteindre une vitesse maximale de 431 km/h –, mais le Red Train pourrait malgré tout être une alternative intéressante pour les villes qui cherchent une alternative au métro ou tram plus abordable.

Les coûts d’installation représenteraient en effet un dixième des montants nécessaires à la construction d’un métro puisqu’il n’est pas nécessaire de creuser la terre pour développer un réseau maglev. De plus, les rails et stations peuvent être superposés à des infrastructures routières déjà existantes puisqu’ils peuvent être suspendus à une dizaine de mètres du sol, ce qui permet de réduire les investissements.

Autre argument en faveur du Red Train, en l’absence de pollution magnétique et d’électricité statique, celui-ci serait particulièrement silencieux, et ce, même à grande vitesse.

Un prototype à améliorer

Si le système de train maglev à base de terres rares présente de nombreux avantages par rapport aux projets concurrents, ce dernier n’est pas exempt de défauts. En raison de sa lévitation permanente, sa stabilisation est plus compliquée lors de son déplacement, ce qui met en péril le confort de ses passagers.

Le concept doit donc encore être perfectionné avant qu’il ne puisse être testé plus largement ou simplement accueillir le grand public, mais les chercheurs sont confiants. Les progrès technologiques, ainsi qu’en matière d’intelligence artificielle, devraient permettre de régler les derniers détails.

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