La chaise de Charles Michel vacillera-t-elle bientôt ?

Nervosité dans les coulisses du Berlaymont : bientôt un grand jeu de chaises musicales entre les principaux postes européens ? Il y a la menace d’un conflit ouvert pour le poste de président du Parlement européen. David Sassoli, un socialiste italien, a un mandat qui expire à la mi-janvier.

  • Mais les socialistes n’ont aucune envie de faire de la place à un membre du PPE, le groupe conservateur du Parlement européen. C’est ce qui s’est passé, il y a deux ans, lorsque tous les grands postes européens ont été distribués. Mais entre-temps, l’équilibre des forces a changé : les socialistes ont remporté plusieurs élections, y compris récemment en Allemagne, et surtout : le Fidesz, le parti de Victor Orban, a été expulsé du groupe PPE.
  • Donc moins de sièges pour les conservateurs. Mais ils exigent toujours que Roberta Metsola, une députée conservatrice maltaise, obtienne le marteau du Président.
  • Mais regardez : les socialistes ont trouvé leur propre candidat. Parce que Sassoli n’a pas fait une impression éblouissante, il pourrait être remplacée par une femme socialiste. Quelques noms circulent, notamment ceux de l’Allemande Katarina Barley, de la Hongroise Klára Dobrev et de l’Italienne Simona Bonafè. Les socialistes font appel aux libéraux et aux verts pour faire passer leur candidat, contre la conservatrice Metsola.
  • Mais immédiatement, Manfred Weber, le puissant chef du PPE, menace de prendre sa revanche : si cet accord n’est pas respecté, d’autres accords pourraient également tomber à l’eau. Après tout, en 2019, le PPE a obtenu la présidence de la Commission, avec Ursula von der Leyen ; tandis que deux poids lourds socialistes, Josep Borrell et Frans Timmermans ont fait leur entrée à la Commission. Ces postes sont en fonction jusqu’en 2024.
  • Mais le grand prix des libéraux, la présidence du Conseil européen, est revenu à Charles Michel. Et son mandat doit être renouvelé dans quelques mois. Si, par conséquent, les libéraux ne respectent pas l’accord initial au Parlement européen, la colère du PPE sera imminente. Par ailleurs, certaines critiques sont formulées ci et là à l’égard de l’ancien Premier ministre belge, qui s’est violemment opposé à Mme von der Leyen dans la séquence du « sofagate ». Les relations entre les deux sont tout sauf cordiales : la présidente de la Commission aimerait bien voir son rival partir. Au niveau du Parlement, les libéraux n’ont pas encore de candidat à eux : ce qui en dit long.
  • Quelqu’un qui pourrait tenter sa chance est Assita Kanko (N-VA). Elle fait partie du groupe ultraconservateur ECR avec la N-VA, et au sein de ce groupe, elle joue un rôle en vue au Parlement européen. Tout comme Johan Van Overtveldt (N-VA), elle est considérée comme une personne ayant beaucoup d’influence dans l’hémicycle. Et Kanko serait mise en avant par l’ECR comme une figure symboliquement importante : femme et issue d’une minorité. Toutefois, les chances qu’elle y parvienne sont extrêmement minces : aucune alliance politique ne soutiendra l’ECR.

Toujours en Europe, la Commission donne de mauvais signaux concernant les finances publiques belges. Le fait que le budget du gouvernement fédéral soit fébrile n’est pas un secret d’État. Un nouveau rapport de la Commission européenne, présenté dans l’hémicycle vendredi, se révèle particulièrement pessimiste.

  • Pour commencer, la Commission européenne s’attend à la croissance économique la plus faible d’Europe. Dans toute l’Europe, les prévisions de croissance sont en moyenne de 4,3%, alors que celles de la Belgique ne sont que de 2,6%.
  • Et le pire, c’est que la Belgique est le seul pays du groupe du Club Med, c’est-à-dire des pays dont la dette nationale est très élevée, et où la situation s’aggrave encore. En Grèce, en Italie et en France, par exemple, la dette est en baisse. Il n’y a qu’à Malte, en Estonie et en Lettonie que les dettes continuent d’augmenter, tout comme en Belgique. Cela est lié au déficit de 5,1 % que la Belgique a également enregistré pour 2021. Pour comparaison, les Pays-Bas sont à 2,1%, la Grèce à 3,9%.
  • Mais en même temps, la Belgique échappe à la réprimande du « contrôle renforcé » de la Commission européenne, qui s’applique désormais à douze pays. C’est une bonne nouvelle pour l’équipe Vivaldi. De cette façon, ils évitent d’être blâmés par l’UE.
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