« La Belgique doit s’attendre à une grande vague de faillites cette année »

En Belgique, environ 9.100 faillites seront enregistrées cette année. Cela représente une augmentation de 39 % par rapport à l’année dernière. C’est ce qui ressort d’un rapport de l’assureur-crédit Allianz Trade. Cela fait de la Belgique l’un des pays les plus touchés par les faillites au sein de la zone euro cette année.

Seule l’Autriche, avec une augmentation de 63 %, doit craindre un bilan plus lourd. Les Pays-Bas arrivent en troisième position, mais l’augmentation y est déjà nettement plus faible, avec un chiffre de 24 %.

À l’échelle mondiale, le nombre de faillites augmentera de 10 % cette année. L’année prochaine, une augmentation de 14 % est prévue. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne ont également lancé un certain nombre d’avertissements au cours des dernières semaines.

Entreprises zombies

« Une explication partielle des problèmes réside dans le fait que l’État belge a accordé des subventions coronavirus et des paiements différés à des entreprises qui avaient déjà connu des problèmes avant l’apparition de la pandémie », soulignent les chercheurs. « Ces entreprises sont maintenant purgées par la sélection naturelle. Après tout, le gouvernement et les banques montrent de moins en moins d’hésitation à s’attaquer aux mauvais payeurs. »

Selon les chercheurs, entre 10 et 15 % de toutes les entreprises belges peuvent actuellement être qualifiées d’entreprises zombies. Ces entités ne disposent pas de ressources suffisantes pour payer les charges d’intérêt pendant trois années consécutives.

« Ces entreprises perturbent le tissu économique », argumente Johan Geeroms, directeur de la politique des risques chez Allianz Trade. « Elles ne feront pas faillite en masse, mais ce seront désormais les premières à faire faillite. Elles perturbent l’économie régulière parce qu’elles ne substituent pas la productivité au soutien qu’elles ont reçu et sont donc maintenues artificiellement en vie jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus continuer. »

« Ce n’est d’ailleurs pas une mauvaise chose que ces entreprises soient les premières à disparaître », ajoute M. Geeroms. « L’intention ne peut pas être de récompenser les entreprises ayant une mauvaise gestion et un manque d’innovation ».

« Les Pays-Bas comptent beaucoup moins d’entreprises zombies, ce qui signifie que les aides d’État distribuées peuvent également être utilisées beaucoup plus efficacement. La dette fiscale différée et les arriérés de loyer, autorisés pendant la pandémie, feront d’ailleurs encore des victimes en Belgique cette année. »

Vulnérable

« La Belgique est un pays caractérisé par les petites et moyennes entreprises », fait valoir Allianz Trade. « Il y a beaucoup moins de grandes entreprises propres disposant d’un solide tampon financier. Les petites entreprises sont beaucoup plus sensibles aux facteurs macroéconomiques, tels qu’une inflation élevée et la hausse des coûts de l’énergie, des transports et du personnel. »

« Ces entreprises sont également plus vulnérables aux défauts de paiement des entreprises plus faibles. Les petites entreprises qui semblaient initialement saines sont donc plus susceptibles de tomber dans un système en cascade qui sape leur solidité. »

« De plus, le tissu économique fragile de la Belgique est lié à un budget gouvernemental défaillant dont le pouvoir fiscal est limité. En plus de cela, les pays orientés vers l’exportation comme la Belgique et les Pays-Bas sont beaucoup plus sensibles aux développements internationaux tels que la guerre en Ukraine. »

Assurance-crédit contre le non-paiement

Allianz Trade souligne également que dans les demandes de financement complémentaire ou de crédit-relais, les banques demandent de plus en plus souvent la preuve d’une assurance-crédit contre le non-paiement. En Belgique, en revanche, seuls 10 à 15 % des entreprises disposent d’une assurance-crédit.

Selon M. Geeroms, les entreprises devraient avoir le courage de répercuter – éventuellement partiellement – les conséquences inflationnistes de l’économie mondiale sur le client. « De nombreuses entreprises s’y refusent actuellement par crainte de perdre des parts de marché.

Allianz Trade s’attend à ce que le nombre de faillites en Belgique augmente encore de 10 %. « Cela nous ramènera au niveau de 10.000 faillites par an, comme c’était le cas avant l’apparition de la pandémie de coronavirus », indique le rapport.

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