Les 30 plus grandes firmes allemandes n’emploient que… 54 réfugiés en tout

La chancelière allemande Angela Merkel a invité les dirigeants de certaines des plus grandes entreprises du pays à un sommet qui se tiendra le 14 septembre. L’objectif de ce sommet est de les convaincre à recruter plus de réfugiés. L’Allemagne a accueilli l’an dernier plus de 1 million de réfugiés, principalement en provenance de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak. Le gouvernement veut mettre ces gens au travail pour les rendre moins dépendants des prestations sociales. L’Allemagne est également confrontée à un déficit démographique dû au vieillissement de sa population.Merkel va tenter de convaincre les entreprises de proposer plus de stages aux réfugiés, rapporte le Bild Zeitung. Les grandes entreprises ont souvent été critiquées ces derniers mois parce qu’elles faisaient trop peu d’efforts pour intégrer les immigrés dans le marché du travail.Des entreprises comme Siemens, Evonik, Opel, VW et RWE partageront avec la chancelière les résultats d’une série de projets pilotes impliquant des réfugiés, écrit Bild.Mais, selon les dires des entreprises, les nouveaux arrivants parlent à peine l’allemand et n’ont que peu ou pas de formation, ce qui implique qu’ils sont inaptes pour occuper les emplois disponibles.

“Nous croyions avoir affaire à des médecins et des ingénieurs syriens. On réalise aujourd’hui que ces réfugiés qualifiés forment une minorité”, avait déploré une responsable de la fédération des employeurs allemands (BDA) en mars dernier. La majorité des réfugiés sont âgés de moins de 25 ans, et il faudra compter cinq ans avant qu’ils n’intègrent au marché du travail.

Grâce à une nouvelle loi sur l’intégration votée récemment en Allemagne, les demandeurs d’asile pourront accepter des “emplois à 1 euro”, c’est à dire à travailler pour un salaire de 64 euros par mois. Ils devront obligatoirement apprendre l’allemand dans le cadre d’une formation d’intégration. Tous ceux qui suivront ce type de formation ne pourront pas être expulsés. Les demandeurs d’asile pourront également continuer à recevoir le paiement de 700 à 800 euros qu’ils perçoivent déjà.Les emplois que les demandeurs d’asile peuvent occuper sont des “emplois à 1 euro” et sont souvent des emplois communautaires, tels que la maintenance d’un parc ou un emploi d’aide dans une cuisine industrielle. Ce type d’emplois est déjà proposé aux chômeurs de longue duréeLe patronat allemand ne se montre pas très enthousiaste. Il estime que le gouvernement ferait mieux de donner plus d’argent aux entreprises pour créer de véritables formations pour les demandeurs d’asile.Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a écrit le mois dernier que les 30 plus grandes sociétés cotées allemandes employaient exactement 54 réfugiés ; plus de 50 d’entre eux travaillent pour le service de messagerie Deutsche Post. Selon le vice-chancelier Sigmar Gabriel, les efforts de ces grandes entreprises font pâle figure en comparaison de ceux des PME allemandes.

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