Fuite des cerveaux au Portugal

Le Portugal connait actuellement un marché de l’emploi très difficile. Le taux de chômage des jeunes est plus de deux fois supérieur à celui de la population totale, et les 2/3 occupent des emplois précaires, tels que les recibos verdes (« reçus verts »), qui correspondent à des emplois de travailleurs indépendants.

Pire, le pays connait depuis 10 ans une fuite des cerveaux inédite depuis les années 60, et un jeune diplômé sur 10 quitte le pays. Les flux migratoires ont bien diminué récemment, mais cela s’explique par le durcissement de la situation économique à l’étranger. Alors qu’ils sont les plus rares, ce sont les plus diplômés, qui sont le plus touchés par le chômage.

Les jeunes ne se sentent pas concernés par les discours syndicalistes, et l’individualisme motivé par l’instinct de survie a remplacé le sens de la lutte collective. Elísio Estanque, professeur d’économie et chercheur au Centre d’études sociales de l’université de Coimbra, estime cependant que les choses changent, et il pense que l’invasion d’un call center le 11 novembre dernier, par l’association « Précaires inflexibles », est un signe avant-coureur qui tendrait à prouver que les jeunes commencent à s’organiser.

Le marché du travail s’est mondialisé, et aujourd’hui, 20% des diplômés portugais seraient établis à l’étranger, et plus d’un sur 10 serait parti après avoir obtenu son diplôme au Portugal.

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