Explosion à Beyrouth: les autorités avaient été averties à plusieurs reprises du danger

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L’impressionnante double explosion qui a ravagé la ville de Beyrouth aurait été causée par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium, stockées depuis 6 ans dans le port. À plusieurs reprises, les douanes libanaises ont averti les autorités des risques, sans qu’aucune mesure de protection ne soit prise.

Moins de 24 heures après la double explosion qui a coûté la vie à au moins 113 personnes et fait plus de 4.000 blessés, les premiers éléments de l’enquête sont annoncés. Le Conseil supérieur de la défense a annoncé que la catastrophe a été causée par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium, stockées depuis 6 ans dans un entrepôt du port. Les responsables du site ont été assignés à résidence, prévenant ainsi d’éventuelles poursuites.

Mais aujourd’hui, les accusations se tournent surtout sur les autorités libanaises qui auraient fait preuve de ‘négligence’. Badri Daher, directeur général des Douanes libanaises, a déclaré à la télévision nationale LBCI, que 6 avertissements sur les risques liés au stockage d’une telle substance ont été envoyés à la justice libanaise entre 2014 et 2017. Les rapports demandaient le déplacement du conteneur. Mais rien n’a été fait.

L’agence de presse Reuters a aussi annoncé qu’un rapport avait été publié à la suite à une inspection du conteneur affirmant que cela pourrait faire ‘sauter la totalité de Beyrouth’. Il n’aura jamais été aussi proche de la vérité.

La colère des Libanais

Après le choc, la révolte. La négligence des autorités a réveillé la colère de la population, qui subit une crise économique et politique depuis plusieurs années. Selon The Guardian, des manifestants ont attaqué la voiture de l’ancien Premier ministre, Saad Hariri, et s’en sont pris directement aux agents de la sécurité.

Sur les réseaux sociaux, le hashtag ‘علقوا_المشانق#’, qu’on peut traduire en français par ‘Raccrochez les cordes’, s’est popularisé au Liban. Il fait directement référence à la peine capitale par pendaison et s’adresse directement aux autorités libanaises. Le peuple appelle à des réformes urgentes du système.

Le cabinet national a déclaré l’État d’urgence, donnant ainsi le plein pouvoir aux militaires dans la ville.