Ethereum affiche un nombre record d’adresses. Et alors ?

Ironie de l’agenda. Comme l’année passée à la même période, la deuxième blokchain la plus populaire de la planète enregistre un nouveau record structurel. Quelles en sont les raisons et implications ? Analyse.

La blockchain Ethereum compte désormais plus de 71,36 millions d’adresses contenant des ethers (ETH), indique la firme d’analyse de données on-chain Glassnode. On peut d’emblée attribuer l’énorme hausse du prix de l’ETH cette année (+400%) à cette croissance des adresses actives. Mais en partie seulement.

Car l’essor de la blockchain pionnière des smart contracts doit beaucoup à son utilisation dans d’autres secteurs, eux aussi en pleine effervescence, à l’instar de la finance décentralisée (DeFi) et des NFT (identifiants numériques décentralisés).

Même si d’autres blockchains comme Solana sont occupées à rattraper leur retard, la plupart des NFT sont encore « mintés » sur Ethereum. Et pour acheter et vendre des NFT, il faut encore une adresse ou un wallet Ethereum.

Il suffit de constater que, pendant une bonne partie de l’année, ce sont les transaction sur OpenSea, la référence des places de marché pour NFT, qui consommaient sur Ethereum plus de gaz (frais transactionnels) que n’importe quelle autre application décentralisée (dApp).

Parallèlement, dans l’écosystème DeFi, le réseau Ethereum représente plus de 60% de la valeur totale verrouillée (TVL), une métrique traduisant la somme des dépôts dans les protocoles (récompenses, intérêts, nouveaux tokens, revenus fixes, etc.). Soit un montant cumulé de 155 milliards $ sur les 248 milliards de dollars globaux, estime la plateforme d’analyse DeFi Llama.

La croissance des adresses contenant des ethers pourrait aussi s’expliquer par le fait que de plus en plus d’investisseurs accumulent en anticipation d’un rallye haussier (bull run). Une hypothèse que soutiennent les données sur le nombre d’ETH détenus sur les plateformes d’échanges, retombé à leur plus bas niveau en trois ans selon Glassnodes. Autrement dit, ces mouvements réduisent l’offre sur les exchanges, les investisseurs se réappropriant leurs cryptomonnaies sur leurs adresses Ethereum. Avec une certaine pression haussière sur les prix.

Le hausse du nombre d’adresses Ethereum découle par ailleurs des développements importants menés sur la blockchain cette année, dans le cadre de sa migration vers Ethereum 2.0 (aussi appelé ETH2 ou Serenity).

Parmi les grands chantiers de cette transformation, notons le sharding, partitionnement du réseau en nouvelles chaines appelées « shards » pour répartir la charge, réduire la congestion et augmenter les transactions ; le staking, le fait de pouvoir mettre ses cryptos à disposition de la blockchain pour en soutenir les opérations, soutien en échange duquel on touche des intérêts ; ou encore l’adoption du consensus de preuve de participation (proof-of-stake), abandonnant la procédure énergivore de minage.

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