Et si la vieillesse était désormais considérée comme une maladie ?

Certains virus provoquent des maladies et pour prévenir ces dernières, nous avons créé des vaccins. Par ailleurs, la vieillesse engendre également des pathologies mais il n’existe pas encore de médicaments pour retarder le vieillissement et les maladies qui l’accompagnent. Cependant, aux Etats-Unis, un débat a lieu actuellement entre la FDA, l’organisme fédéral chargé de l’autorisation de la commercialisation des médicaments, et des scientifiques qui estiment que des médicaments qui fonctionnent sur des animaux pourraient retarder l’apparition de la vieillesse.  

Si les discussions aboutissent et que la FDA accepte la commercialisation de ces médicaments, il s’agirait d’une évolution médicale mais aussi philosophique significative car le vieillissement ne serait désormais plus considéré comme un processus physiologique normal mais comme une pathologie que l’on peut prévenir et guérir, écrit Laetitia Theunis dans Le Soir. En outre, ce changement ouvrirait la voie à un nouveau marché intéressant pour l’industrie pharmaceutique et la reconnaissance par l’Etat du vieillissement en tant que maladie aboutirait au remboursement des diverses thérapies et soins par les compagnies d’assurances santé.

Alors que la plupart des thérapies actuelles tentent de soigner les maladies qui accompagnent la vieillesse telles que le cancer ou encore les maladies cardiovasculaires, le professeur Nir Barzilai de l’Albert Einstein College of Medecine estime, en se basant sur des recherches effectuées sur des animaux, que la metformine, un médicament qui est déjà amplement utilisé dans le traitement du diabète, pourrait prévenir et retarder l’apparition de cancers, de maladies cardiaques et de troubles cognitifs. Le projet défendu par Nir Barzilai, nommé « Tame » ( Targeting Aging with Metformin »), consisterait à inscrire 3.000 personnes âgées entre 70 et 80 ans à qui l’on administrerait de la metformine pendant 5 à 7 ans. Le coût de ce programme atteindrait les 50 millions de dollars, indique Quartz. Pour être inclus dans ce programme, les participants devraient faire partie d’un groupe considéré à risques ou souffrir d’une pathologie liée à la vieillesse mais pas du diabète 2, précise Laetitia Theunis.

Dans le Wall Street Journal, Stuart Jay Olshansky, professeur de l’Université de l’Illinois, un des responsables du projet « Tame », estime qu’il est temps de s’attaquer au processus biologie du vieillissement.

Les applications thérapeutiques de la metformine semblent infinies. Comme l’explique le Pr Jean-Michel Dogné, directeur du département de pharmacie à l’UNamur, spécialiste en sécurité des médicaments, la metformine est un des médicaments les plus employés en Belgique pour le traitement des personnes âgées qui souffrent du diabète de type 2. Ce médicament permet également la réduction de leur comorbidité cardiovasculaire et a un effet global sur le métabolisme. On l’utilise aussi pour la diminution de poids dans le cadre de régimes. Par ailleurs, la metformine permettrait d’allonger la durée de vie, estime une étude de 2014 à laquelle ont participé 180.000 sujets. Lors de cette étude, la moitié des participants, le groupe témoin, ne souffraient pas d’un diabète alors que l’autre moitié était diabétique. Cette recherche a démontré que l’espérance de vie des personnes qui avaient pris de la metformine était plus importante et que leur durée de vie était en moyenne plus longue.

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