Du blé aux pâtes: la solution italienne à la pauvreté en Ethiopie

L’Ethiopie est en passe de devenir l’un des principaux producteurs mondiaux de spaghettis et d’autres types de pâtes, ce qui pourrait aider le pays a sortir d’une longue famine et de la pauvreté, écrit Wolrdcrunch.

Penser à sauver un pays au moyen des pâtes est une idée qui ne pouvait venir que d’Italie. Le projet « Agricultural Chains in Oromia », est l’œuvre de Tiberio Chiari, directeur technique de la branche du développement de l’agriculture du ministère italien des Affaires étrangères. Son objectif est de convertir le blé dur obtenu localement et souvent cultivé individuellement en une vaste source pour la production de tout type de pâtes italiennes, des bucatini aux ziti.

« Afin de mettre sur pied la chaîne d’approvisionnement, nous devons soigner chaque détail et connecter les producteurs aux commerçants, les agriculteurs aux entrepreneurs », explique Chiari.

La vallée Ali est située dans l’Oromia, l’une des plus grandes régions d’Ethiopie, qui abrite quelques 27 millions de personnes. Les seuls bruits sont souvent ceux de la mer et celui du balancement des champs de blé sous le ciel bleu du plateau de Bale, l’un des plus élevés d’Afrique. Dans cette région, les semences et les récoltes se font manuellement et l’agriculture industrielle st pratiquement inexistante. Pourtant, le sol de cet endroit, riche en eau et en nutritifs, est idéal pour le grain. Lorsque l’on observe cette vallée, qui à certains égards rappelle la Toscane, on a du mal à croire que l’Ethiopie a connu des famines si importantes, écrit Worldcrunch.

La République fédérale démocratique d’Ethiopie est déjà un important fournisseur de grains de café, de canne à sucre et de coton. Cependant, sa sécurité alimentaire se base sur l’approvisionnement de deux produits de base : une céréale locale, le teff, utilisée pour produire l’injera (une sorte de grande crêpe typique de la cuisine éthiopienne) et le grain de blé tendre.

Lorsque l’offre de l’une de ces deux réserves stratégiques se réduit, la famine n’est généralement pas loin derrière.

Ces derniers temps, la production de blé a été régulièrement menacée. 

« Une épidémie de rouille menace l’épi de blé, il s’agit d’une maladie fongique qui touche la plupart des cultures », explique Genene Gezu, coordinateur local du projet italien. « Les monocultures sont facilement exposées à des maladies en raison de l’absence de diversité de leur constitution génétique. Si une plante est touchée par la rouille, toutes les cultures seront potentiellement exposées », précise Chiari.

Pour remédier à cette situation, le projet italien sélectionne le blé dur, avec un patrimoine génétique plus varié, de façon à aider stimuler la résilience des cultures. Ce processus minimise ainsi le risque de contagion. Pourtant la simple amélioration du produit et l’étude de ses variétés ne suffit pas. Il est nécessaire d’impliquer l’ensemble de l’industrie des pâtes  afin d’augmenter la valeur de sortie de manière avantageuse pour les producteurs locaux.

Jusqu’à une époque récente, l’Ethiopie importait de grandes quantités de céréales depuis la Turquie. Le pays connaît un véritable boom culturel pour les pâtes, une tradition héritée de la courte période infructueuse de la colonie italienne. Aujourd’hui, les pâtes sont faciles à trouver à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, et leur consommation se répand dans les petites villes. Elles sont servies avec de la sauce tomate ou de la viande et sont intégrées à des mets typiques tels que le doro wot, plat de poulet en sauce, et aux tibs, plat éthiopien à base de morceaux de viande, de tomate et d’épices.

Grâce à ce projet, 15.000 tonnes de grains de blé (contre 500 tonnes à la fin 2012) sont actuellement produites en Ethiopie, principalement par le secteur privé.

« Aujourd’hui, environ 15 entreprises souhaitent utiliser la farine de blé entier pour la production de pâtes alimentaires en Ethiopie », explique Chiari. « Nous pensons que cela aider la production de blé à continuer à s’améliorer. Ce projet est une source d’inspiration. Le marché fera le reste ».

« Y a-t-il un nouveau modèle de développement dans ce projet italien ? », s’interroge Worldcrunch. « De nos jours, réaliser des projets ponctuels a peu de sens. Il suffit de penser à la taille de l’Ethiopie, le troisième pays le plus grand d’Afrique, avec 94 millions d’habitants. Nous devons travailler sur le savoir-faire et la direction stratégique du pays et promouvoir la chaîne d’approvisionnement comme un système intégré. Travailler sur la chaîne de valeur peut aider à sortir les personnes de la spirale de la pauvreté », conclut Chiari.

 

 

 

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