Des capsules imprimées en 3D pour aider les patients dans leur suicide assisté

À partir de l’année prochaine, les Suisses qui désirent mettre fin à leur jour dans leur cadre d’un suicide assisté pourront opter pour une nouvelle méthode qui n’implique ni intervention d’un médecin ni injection. Ils pourront simplement s’endormir dans des capsules imprimées en 3D.

La question de l’euthanasie prête encore aujourd’hui au débat, et ce, malgré le fait qu’elle soit pratiquée dans plusieurs pays dont la Belgique. En 2019, 2.655 déclarations d’euthanasie ont été rédigées dans le pays. Dans la majorité des cas, l’euthanasie consiste en une injection de produits anesthésiants réalisée par un médecin, dans un centre hospitalier ou au domicile du malade, mais de nouvelles méthodes sont à l’étude ou en passent d’être proposés aux patients qui se rapprochent davantage du « suicide assisté ».

Ce dernier se distingue de l’euthanasie dans le sens où ce n’est pas une personne extérieure – un médecin – qui administre le traitement létal, mais la personne qui souhaite mourir elle-même. Cette pratique est beaucoup moins répandue que l’euthanasie, mais prête tout autant à débat. Elle est notamment légale en Suisse et dans certains états américains.

Une méthode technologique

En Suisse, les personnes qui souhaitent mettre fin à leur jour dans le cadre d’un suicide assisté pourront opter pour les capsules de fin de vie, baptisées Sarco et imaginées par le docteur pro-euthanasie Phillip Nitschke.

En développement depuis plusieurs années, ces capsules permettent de mettre fin à ses jours de manière paisible, loin de tout ce qui peut rappeler le cadre médical. Leur utilisation vient d’être autorisée en Suisse. Une décision qui prendra effet l’année prochaine.

Pour l’heure, aucune capsule du genre n’est encore en service. L’une d’entre elles est exposée au musée de la culture sépulcrale de Kassel, en Allemagne. La seconde ne répondait pas aux exigences de son concepteur, elle ne sera donc pas mise en service. Quant à la troisième, elle est en cours d’impression aux Pays-Bas et devrait être prête à fonctionner en Suisse en 2022. Le développement des Sarco a été retardé, en raison du coronavirus, a affirmé le Dr Nitschke au média SwissInfo qui relate l’information.

Une mort 2.0

Les capsules Sarco prennent la forme d’un cercueil du futur, tout droit sorti d’un film de science-fiction. Elles peuvent être remorquées dans un endroit paisible choisi par le patient ou dans les locaux d’une organisation d’aide au suicide. Sa charge létale se veut tout aussi paisible pour la personne en fin de vie puisqu’elle consiste en la libération d’azote à l’intérieur de la capsule et en une réduction rapide de l’oxygène, de sorte qu’elle perd rapidement conscience, sans étouffement ni panique, jusqu’à ce que mort s’ensuive.

La partie supérieur de la capsule pourra être utilisée comme cercueil. – Exit International

C’est la personne qui a l’intention de mourir qui déclenche le processus grâce à un bouton à l’intérieur de la machine. C’est donc elle qui choisit le moment où elle veut partir. L’utilisation de l’azote et la chute brutale de l’oxygène pourront provoquer une certaine euphorie chez la personne.

« L’avantage pour la personne qui l’utilise est qu’elle n’a pas besoin d’obtenir d’autorisation, qu’elle n’a pas besoin d’un médecin spécialisé pour lui faire l’injection ni de se procurer des médicaments difficiles à obtenir », a argumenté Nitschke, lors d’une présentation de son appareil.

Un décès high-tech

En plus d’être imprimée et d’arborer un design futuriste, la capsule disposera, à terme, de fonctionnalités dignes du 21e siècle. Il est en effet question qu’elle dispose d’une caméra, afin que la personne assise à l’intérieur puisse facilement communiquer avec l’extérieur, mais aussi, que son consentement éclairé soit enregistré.

Son concepteur souhaite d’ailleurs intégrer une intelligence artificielle dans le processus, afin que cette dernière puisse établir la capacité mentale de la personne. L’idée est d’éviter toute forme d’examen psychiatrique réalisée par un médecin, afin que la personne ait le sentiment d’être la seule décisionnaire dans le processus. Pour accéder au Sarco, le patient devra tout de même faire un test en ligne pour recevoir un code ouvrant la capsule.

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