Saviez-vous que pour 170 députés européens, ce job n’est qu’un emploi à temps partiel ?

La Commission des Affaires Constitutionnelles (AFCO) du Parlement européen vient de rejeter une proposition visant à interdire les députés européens  d’exercer d’autres emplois.

La Commission des Affaires Constitutionnelles (AFCO) du Parlement européen vient de rejeter une proposition visant à interdire les députés européens  d’exercer d’autres emplois.

Ce rejet n’est pas si surprenant, si l’on considère que l’un des membres de l’AFCO est l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt (Open VLD), dirigeant du groupe libéral ALDE au Parlement européen et candidat à la succession de son président, l’Allemand Martin Schulz, qui achève son mandat cette année.Le site Integrity Watch indique également que Verhofstadt est le 3e membre du parlement européen en termes d’importance des revenus gagnés à l’extérieur, grâce à plusieurs postes bien rémunérés qu’il occupe notamment chez APG Nederland, Exmar et Sofina.Les discrets emplois externes des députés européens sont un secret de polichinelle, mais ils soulèvent des questions.« Compte tenu que l’un des candidats les plus évidents pour la présidence du Parlement européen, Guy Verhofstadt, est aussi le 3e député européen qui gagne le plus grâce à d’autres emplois bien payés qu’il occupe, on ne peut se laisser impressionner par le désir du Parlement Européen d’injecter plus d’intégrité au travers de ses procédures », avait écrit le professeur Alberto Alemanno (HEC Paris) avant ce vote dans un article d’opinion :

Membre du Parlement… Souvent un emploi à temps partiel

« Cela peut sembler incroyable, mais aujourd’hui, les membres du Parlement européen sont autorisés à mener des activités professionnelles tout en représentant les intérêts de leurs circonscriptions en Europe. Nous avons donc des députés européens qui occupent des emplois de médecins, d’avocats, de consultants, de même que… de lobbyistes, tout en ayant leur siège sur les bancs du Parlement.Vraiment ? Oui, vraiment.Des centaines de députés européens (170 selon Integrity Watch) travaillent actuellement à temps partiel comme représentants élus, puis monétisent leur statut pour attirer d’autres postes.Mais est-ce qu’un poste de député européen n’est pas un travail à plein temps ? Comment les électeurs voient-ils le fait d’avoir des représentants « à temps partiel » ? Est-ce qu’il n’y a pas la nécessité d’isoler les députés européens de situations de conflits d’intérêts évidentes ? Aujourd’hui par exemple, rien n’empêche un député européen de s’asseoir à la Commission de l’Industrie, de la Recherche et de l’Energie (ITRE), tout en occupant en même temps un siège au conseil de direction d’une entreprise d’énergie.En cette ère de désillusion à l’égard de la démocratie représentative et de défiance croissante à l’égard de l’UE, on pourrait s’attendre à ce que virtuellement tous les députés européens s’accordent : un parlement dénué d’intérêts extérieurs serait un parlement plus légitime, plus fort.Malheureusement, seule une minorité au parlement européen partage cette perspective. (…) Paradoxalement, certains des députés européens qui résistent aux changements sont ceux-là mêmes qui, – dans le sillage du « Barroso Gate » – ont demandé à la Commission Européenne de durcir son code éthique à l’égard des commissaires européens. » (Un tiers (9 sur 27) des Commissaires européens qui ont vu leur mandat s’achever en octobre 2014 travaillaient un an plus tard pour des entreprises privées où ils occupaient tous ensemble… 98 fonctions. Cela représente 10,8 postes par personne, indique une étude du Corporate Europe Observatory (CEO) qui a été publiée en octobre de l’année dernière).

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