« De nombreux pères Noël sont morts »: pénurie de main d’oeuvre pour le secteur événementiel des fêtes de fin d’année

Avec la pandémie, de nombreux figurants qui endossent habituellement le manteau rouge pour jouer au père Noël sont décédés, constate un représentant du secteur. Après un Noël 2020 quasi inexistant, le secteur est aujourd’hui face à des pénuries de main-d’oeuvre. Père Noël, un métier avec de nombreuses exigences.

Le candidat parfait pour jouer le père Noël? D’un certain âge, d’un certain tour de ventre… Le candidat parfait pour les comorbidités du covid, également. « Le père Noël est mort », cela sonne comme une blague nietzschéenne, ou un spot de pub un peu trash pour la vaccination, mais c’est une réalité que constate effectivement un exploitant de « location » de pères Noël : de nombreux acteurs qu’il emploie tous les ans sont morts du covid.

D’abord, l’année 2020 n’a pas été une aubaine pour le secteur. Fêtes de famille, fêtes d’entreprise pour la fin d’année, séance photo dans les centres commerciaux, toutes ces activités où l’on fait appel à l’homme au costume rouge étaient annulées. En rouvrant sa boutique deux ans après le dernier Noël, Mitch Allen, le fondateur de l’agence HireSanta.com, cité par BFM Business/AFP, constate les dégâts du virus.

« Malheureusement, nous avons perdu nombre de pères Noël ces 18 derniers mois. Nous en avons en fait perdu plus de 335 cette année », explique-t-il. Il constate une véritable pénurie : plus de mille postes sont vacants.

Avec plus de 800.000 décès, les Etats-Unis sont gravement touchés par la crise sanitaire. Mais pas tous les candidats manquants pour jouer le Santa Claus ne sont décédés. D’autres ont simplement pris leur retraite. Pour 2022, Mitch Allen voit la tendance continuer.

Baisse dans les centres de formation

A Denver, il existe une école professionnelle, pour former les pères Noël. Ces deux dernières années, elle a connu une forte baisse des inscriptions, à hauteur de 25%. Les cours étaient donnés en ligne, ce qui a peut-être aussi dissuadé l’un ou l’autre ; sans vouloir verser dans le cliché, les personnes âgées sont en général moins enclin à utiliser ce type de technologie. Où d’autres peuvent être rassurés avec des cours en ligne, en temps de pandémie.

La baisse est encore plus forte lors de la remise des diplômes : « Ces deux dernières années, 28 pères Noël ont été diplômés, contre 120 habituellement », explique Susen Mesco, fondatrice de l’école. Elle indique le vieillissement comme raison : la plupart des acteurs ont plus de 70 ans, estime-t-elle.

« Avoir une vraie barbe »

Aux Etats-Unis, il s’agit d’un business sérieux qui demande tenue et rigueur. « Il faut aimer Noël, ressembler au père Noël en portant une vraie barbe et avoir ce regard qui pétille », avertit Mitch Allen. « Tout le monde ne peut pas jouer au père Noël ». Mais ceux qui peuvent y jouer, peuvent gagner entre 6.000 et 10.000 dollars, sur les deux derniers mois de l’année.

Il s’agit d’un business fort demandé. Cette année, pour une première fois, il reçoit des réservations pour 2022. Il fournit même des pères Noël jusqu’en Chine, et deux se trouvent actuellement à Dubaï. Les clients, sans doute nostalgiques des sapins et de la neige devant les palmiers et les dunes de sable, paient eux-mêmes voyage et hébergement à Santa.

Mais « quand il descendra du ciel », qu’aura-t-il dans sa botte? En plus d’acteurs manquants, il y a également des pénuries de cadeaux, les chaines d’approvisionnement connaissant des retards.

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