Contrairement à ce que son design laisse penser, le Cybertruck a une bonne aérodynamique: « Un gros avantage par rapport aux autres pick-up »

Lors de sa présentation, à l’automne 2019, le Cybertruck avait fait l’objet de pas mal de moqueries. D’une part parce que l’une de ses vitres « incassables » s’était fissurée. D’autre part parce que son design est pour le moins singulier. Et si certains ne le trouvent pas esthétique, il apparaît qu’il est toutefois très efficace en matière d’aérodynamisme.

En attendant les premières livraisons – attendues, après moult reports, pour la mi-2023 -, le Cybertruck a fait l’objet d’une étude de la part des ingénieurs de l’entreprise allemande Numeric Systems. Objectif: calculer le coefficient de trainée (Cx) du pick-up électrique de Tesla. Autrement dit, mesurer la résistance au vent du véhicule, un élément très important pour son autonomie.

Au terme de leur étude, les employés de Numeric Systems ont conclu que le Cybertruck était doté d’un Cx d’environ 0,39. Si vous êtes un non-initié, ce chiffre ne signifiera sans doute pas grand-chose pour vous. Mais sachez qu’avec leur gabarit et leur design, les pick-up ont généralement un score compris entre 0,55 et 0,65, ce qui n’est pas bon du tout. Le véhicule de Tesla se démarque donc nettement de la concurrence.

Encore des pistes d’amélioration

« Contrairement à ce que beaucoup de gens pourraient penser, le bord saillant du toit ne produit pas un grand détachement ! », note sur LinkedIn Aleix Lázaro Prat, l’un des auteurs de l’étude.

« Il est vrai que le flux n’y est pas attaché, mais en fait l’air suit la pente de manière assez fluide. […] C’est tout à fait remarquable et un grand avantage aérodynamique par rapport aux autres pick-up. De plus, le diffuseur a un effet considérable au centre de l’arrière du véhicule. Cela crée une aspiration et réduit la traînée aérodynamique », détaille-t-il.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. L’équipe de Numeric Systems estime que le coefficient de trainée pourrait être encore réduit en apportant des modifications à la face avant du Cybertruck.

« Nos résultats montrent des structures turbulentes claires que crée l’avant du véhicule, qui connecte le pare-chocs et le capot, le bord vertical derrière les feux avant, les arches de roues, le style des jantes et la géométrie des piliers A et C. La génération des structures turbulentes provient de la sévérité des bords. Ces caractéristiques géométriques augmentent la traînée du véhicule, qui réduit l’autonomie du Cybertruck. De plus, compte tenu de l’arrière acéré, le flux se détache instantanément et crée une zone à faible énergie qui se remarque derrière les bords supérieurs et latéraux », souligne Aleix Lázaro Prat.

Musk visait 0,30

Numeric Systems ne disposant pas de toutes les données de Tesla – ni du véhicule, cela va sans dire -, ce score de 0,39 n’est pas totalement fiable. La société allemande s’est basée sur une modélisation 3D du véhicule et a, par exemple, dû faire ses tests sans savoir à quoi ressembleraient exactement les rétroviseurs latéraux du véhicule.

Toutefois, d’après les sites spécialisés, l’étude est de qualité, ses conclusions sont donc pertinentes. Le Cybertruck disposera bel et bien d’une très bonne aérodynamique. Il y a trois ans, Elon Musk avait d’ailleurs déclaré qu’avec quelques améliorations, son pick-up pourrait atteindre un (incroyable) coefficient de trainée de 0,30.

On devrait en savoir plus très prochainement, lorsque Tesla dévoilera la version définitive de son Cybertruck.

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