Comment les aéroports sud-américains interceptent les passeurs de drogues

Les vols aériens depuis la Colombie sont depuis longtemps un des moyens favoris des cartels sud-américains pour le transport de drogue , la plupart du temps de la cocaïne, en direction des Etats-Unis, écrit Pablo Pérez Alvarez dans le journal El Tiempo. De nos jours, les vols qui partent du Pérou, d’Equateur et du Mexique vers l’Europe sont également utilisés pour la trafic.

Même si les transports les plus importants de drogues se font par voie maritime ou aérienne dans des aéronefs privés, les moyens de contrôle des grands aéroports n’ont pas réussi à dissuader la contrebande à l’aide de « mules » sur les vols commerciaux. Les « mules » sont des passeurs de drogues qui acceptent d’ingérer des centaines de grammes de cocaïne dans leur estomac ou tout simplement de cacher la marchandise dans leurs bagages. Pour lutter contre ce trafic, une organisation rigoureuse est nécessaire afin d’éliminer les intermédiaires tels que les policiers corrompus, les travailleurs, les membres de l’équipage et même les pilotes d’avions commerciaux. Lorsque le vol sur lequel transite une « mule » a du retard, la situation est souvent dramatique car plus les heures passent, plus le risque que le latex de la capsule de drogue ingérée éclate, augmente. L’année dernière, une jeune fille de 11 ans qui avait avalé 104 capsules de cocaïne a été interceptée et sa vie a pu être sauvée après une intervention chirurgicale.

Récemment, le transport de drogue à l’aide de « mule » est devenu plus courant. En 2013, dans les différents aéroports du pays, la police colombienne a réussi à intercepter 1.320 kilos passés de cette manière, principalement de cocaïne, chiffre qui est passé à 2.800 kilos en 2014. Cette hausse du transport de drogue via les aéroports sud-américains peut être expliquée par la concurrence entre les cartels et par l’abandon de certaines routes d’Afrique du Nord à cause de la crise au sein des pays de cette région.

Afin de pouvoir arrêter les « mules », les autorités ont trouvé une solution nommée « avionazo », une sorte d’opération coup de poing avant que l’appareil décolle. Les vols considérés comme habituels pour la contrebande de drogue sont repérés. Une fois que tous les passagers ont abordé l’avion et que le vol obtient l’autorisation de décoller de la part de la tour de contrôle, un procureur intervient et empêche le décollage. Les passagers sont alors tous obligés de descendre, on inspecte leurs bagages et ils sont conduit à une salle d’attente. Là, les personnes sont observées afin de découvrir les attitudes suspectes. La plupart du temps, les « mules » sont attentives aux processus de digestion qui dure entre huit et dix heures. Dès lors, lorsqu’un vol prend du retard, c’est souvent la mort instantanée pour le passeur de drogue.

Dès lors, lors de ces opérations « avionazo », les mules se rendent souvent délibérément aux autorités car elles comprennent qu’elles n’arriveront jamais à temps à destination pour évacuer la drogue aux toilettes et survivre.

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