Comment la crypto provoque une fuite des cerveaux en Corée du Sud: les hauts fonctionnaires partent en masse vers les entreprises de blockchain

Les régulateurs financiers et les policiers quittent leurs fonctions publiques pour entrer dans le monde des échanges décentralisés de cryptomonnaies. Pourquoi ?

Les politiciens sud-coréens veulent que les fonctionnaires cessent d’échanger leurs emplois contre des postes mieux rémunérés auprès de sociétés de cryptomonnaies. Ces entreprises attirent les fonctionnaires avec des salaires généreux, pour des missions de conseils légaux. Les sociétés de cryptomonnaies veulent renforcer leur conformité avec l’État sud-coréen.

Un grand nombre de régulateurs financiers et d’officiers de police ont échangé leurs emplois dans le secteur public contre des postes à responsabilité dans des entreprises de cryptomonnaie ces dernières semaines, selon le Financial Times. Même un fonctionnaire de la Commission des services financiers, l’organisme de surveillance des marchés boursiers de Corée du Sud, aurait récemment rejoint Bithumb, l’une des plus grandes bourses de cryptomonnaies du pays.

« Comme mettre un poisson devant un chat »

La Corée du Sud dispose d’une loi qui interdit aux hauts fonctionnaires d’entrer dans un secteur privé lié au poste public qu’ils occupaient auparavant. Ce n’est pas le cas pour les fonctionnaires de rang inférieur. Roh Woong-rae, membre du Parti démocratique de Corée du Sud, souhaite que la loi soit étendue à tous les fonctionnaires.

« C’est comme mettre un poisson devant un chat. Comme les réglementations liées aux cryptoactifs restent faibles, nous voyons apparaître un certain laxisme chez certains fonctionnaires, notamment les régulateurs financiers », a déclaré M. Roh au Financial Times. Cette reconversion qui suscite de plus en plus d’engouement serait donc « très inappropriée », car le chien de garde financier de la Corée du Sud est censé réglementer les échanges de cryptomonnaies.

« Des dizaines d’anciens fonctionnaires, tels que des officiers de police, des responsables d’organismes de surveillance financière, des conseillers auprès des législateurs et des agents de la Justice ont rejoint les bourses de crypto-monnaies ces dernières années, pour ensuite avoir affaire avec les régulateurs », a déclaré au journal financier un membre du conseil d’administration d’une bourse digitale décentralisée.

Renforcer la conformité pour devenir plus compétitif

Le paysage cryptographique sud-coréen est dominé par quatre grandes bourses décentralisées : Upbit, Bithumb, Korbit et Coinone. Ensemble, ils représentent environ 90 % du volume des échanges de crypto-monnaies dans le pays.

Ces entreprises se concentrent de plus en plus sur ce que l’on appelle la compliance, c’est-à-dire le fait de travailler en conformité avec les lois d’un pays. Binance US, la branche américaine de la plus grande bourse de cryptomonnaies au monde, a embauché vendredi dernier son premier « chief risk officer », qui se concentrera à plein temps sur le renforcement de la conformité.

« Les grands acteurs offrent aux régulateurs de belles rémunérations pour les recruter, afin que les nouvelles règles leur soient plus bénéfiques à l’avenir », a déclaré au Financial Times Lee Chul-yi, haut dirigeant de la petite bourse de crypto-monnaies sud-coréenne Foblgate.

Après l’adoption d’un premier cadre législatif pour les crypto-monnaies plus tôt dans l’année, la mise en service des règles de négociation des actifs numériques a été retardée à l’approche de l’élection présidentielle de mars. Cela a probablement été fait pour attirer les jeunes électeurs. À partir de 2023, les profits en crypto de plus de 2,5 millions de wons coréens (1 863 euros) seront taxés à environ 20 %.

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