Comme prévu, les surprofits d’Engie sur le nucléaire sont très importants

  • La Creg, le régulateur énergétique, prévoyait des bénéfices énormes pour Engie, compris entre 1,26 et 1,44 milliard d’euros. Eh bien on en est très proche: les résultats d’Electrabel pour 2021 ont montré que l’entreprise avait versé 1,24 milliard d’euros de dividende à Engie, sa maison mère.
  • Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) a confirmé ces chiffres ce matin sur Radio 1: « La rente nucléaire sera supérieure de plusieurs centaines de millions d’euros par rapport à une année normale », a-t-il expliqué.
  • Une somme qui pourra contribuer à payer la réduction de la TVA sur le gaz et l’électricité ainsi que la réforme des accises, a plaidé le Premier ministre.
  • La rente nucléaire est une sorte de taxe sur les bénéfices du géant énergétique qui va dans les poches de l’Etat. Avec les prix de l’énergie en hausse, la rente nucléaire devrait rapporter à l’État belge entre 523 (selon la Creg) et 680 millions d’euros (selon le gouvernement) en 2023 sur base des bénéfices de 2022. À titre de comparaison, même si 2020 était une année très spéciale, cette rente a rapporté 98 millions d’euros en 2021.
  • Une certaine pression s’exerce au sein du gouvernement pour augmenter cette taxe sur les bénéfices d’Engie, au regard des prix de l’énergie élevés justement. Mais juridiquement, la marge de manoeuvre de la Vivaldi est très limitée, alors que De Croo, en personne, et la ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten (Groen) négocient avec l’énergéticien français pour prolonger de dix ans deux réacteurs nucléaires, contre sa volonté initiale.
  • Ce matin, le Premier ministre a même été un peu dans le sens de la multinationale, argumentant que l’entreprise devait « mettre de côté suffisamment d’argent pour s’assurer qu’elle pourra remplir ses obligations concernant le démantèlement des réacteurs. L’exploitant doit en assumer intégralement les coûts ». C’est en effet une troisième variable des négociations en cours.
  • De son côté, le vice-premier ministre Georges Gilkinet (Ecolo) a profité de l’information pour remettre un petit coup de pression: « Les surprofits du secteur énergétique doivent servir au financement de la transition et au soutien des plus fragiles, pas à l’enrichissement des actionnaires ou de leur maison-mère. C’est pourquoi nous travaillons à une contribution de crise avec Tinne Van der Straeten. »
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