Cocaïne: la classe moyenne finance l’esclavage et le meurtre

Les consommateurs de cocaïne de la classe moyenne financent le crime organisé, l’exploitation des femmes dans l’industrie du sexe, l’esclavage et la violence armée, a déclaré Tony Saggers, ancien chef de la division des drogues de l’agence britannique NCA, la  National Crime Agency, au journal The Times. Les banquiers des villes, les étudiants de la classe moyenne et les professionnels d’âge moyen doivent admettre que leur consommation de cocaïne finance l’esclavage et la violence, explique l’ancien responsable de la lutte contre la drogue.Selon Saggers, cette classe riche finance directement le crime organisé au Royaume-Uni mais aussi à l’étranger. Toutefois, cette classe refuse de reconnaître cette connexion avec l’exploitation et la violence.« Il s’agit de personnes d’âge moyen issues de la classe moyenne présentes dans les réunions mondaines », ajoute Saggers. « Pour elles, la misère est abominable et l’esclavage est inhumain et le meurtre d’un jeune homme à Londres les choquera. A l’université, leurs enfants protestent pour des causes identiques. »« Mais chaque fois que ces personnes sniffent une ligne de coke, elles financent des choses pires. Cependant, comme cela ne se passe pas sur le pas de leur porte, elles ne s’en inquiètent pas », poursuit Saggers.« Lorsque vous financez le crime organisé, vous financez également l’exploitation des femmes au sein de l’industrie du sexe ainsi que l’esclavage et la violence armée. Les conséquences du commerce de cocaïne sont bien plus odieuses que ce que les gens trouvent odieux. »

Responsabilité

Selon Saggers, les Britanniques sont parmi les plus grands consommateurs de cocaïne en Europe. L’année dernière, un rapport de la Commission européenne et de l’OCDE indiquait que le taux de consommation des jeunes Britanniques était de 4,2 %, soit plus du double de la moyenne européenne. Un autre rapport de 2015 indiquait que près d’une personne sur dix âgées de 16 à 59 ans avaient consommé de la cocaïne.L’année dernière, en Grande-Bretagne, 371 décès ont été liés à la cocaïne. La hausse de décès liés à consommation de cocaïne a augmenté de 16 % par rapport à 2015.Bien que de nombreux utilisateurs développent une dépendance psychologique à la cocaïne, la drogue ne provoque pas de dépendance physique. « Pour ces utilisateurs fréquents, la cocaïne est davantage une style de vie conscient. »« La popularité de la cocaïne dans certains secteurs, comme le monde financier londonien, doit être abordée. » « Non seulement c’est un sujet qui doit être abordé légalement, mais il faut également souligner la responsabilité sociale des entreprises ».« Les entreprises doivent sensibiliser leur personnel sur les conséquences de la consommation de drogues sur la santé mais aussi sur la société dans son ensemble. » « Cependant, à l’heure actuelle, on ne voit pas encore d’actions de la part des entreprises sur le plan de la responsabilité morale et éthique en ce qui concerne les relations du secteur avec le marché de la cocaïne », conclut Saggers.

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