Cape d’invisibilité, dispositif antigravité, bombardement de la Lune: des documents révèlent les projets fous du gouvernement américain

De 2007 à 2012, le gouvernement américain a financé des recherches toutes plus folles les unes que les autres dans le cadre de « l’Advanced Aerospace Threat Identification Program (AATIP) », un programme maintenu secret par le ministère de la Défense américain pendant 10 ans. Ce n’est qu’en 2017 que le monde a découvert son existence. Cinq ans plus tard, des documents révèlent les projets plus fous les uns que les autres sur lesquels l’AATIP travaillait.

Les 1.600 pages de rapport étudiées par Vice donnent un aperçu des priorités les plus étranges du programme du ministère de la Défense américain ; cape d’invisibilité, dispositif antigravité, trous de ver traversables, mais aussi la possibilité de creuser des tunnels à travers la Lune à l’aide d’explosifs nucléaires, rien que ça. Des projets tellement surprenants qu’on a du mal à y croire. On aurait plutôt tendance à penser qu’il s’agit des bases d’un scénario d’une mauvaise série télé.

Pourtant, l’Advanced Aerospace Threat Identification Program (AATIP) a bel et bien existé. Son existence a été révélée en 2017 lorsque son ancien directeur, Luis Elizondo, a démissionné du Pentagone et a par la suite divulgué à la presse des vidéos d’un OVNI, un avion non identifié au déplacement particulièrement interpelant. Mais de toute évidence, la quête d’OVNI n’était pas la seule préoccupation du programme.

Étude d’une variété de technologies

Il aura fallu beaucoup de patience à The Sun, média à l’origine de la demande d’accès aux documents, pour mettre la main sur les documents de l’AATIP. La Defense Intelligence Agency, département du ministère de la Défense en charge du programme, aura mis 4 ans pour céder à la demande du média américain, quelque peu contraint de procéder ainsi en raison du Freedom of Information Act (FOIA), une loi de 1966 qui oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents à quiconque en fait la demande. Parmi les 1.600 pages du rapport, un certain nombre de documents relataient les efforts des chercheurs sur diverses « technologies avancées ».

Trous de ver traversables, propulsion spatiale avancée basée sur le vide ou encore énergie négative étaient au cœur des préoccupations du programme secret, de même que les communications par ondes gravitationnelles à haute fréquence, les possibles approches technologiques du contrôle des dispositifs externes et la propulsion par fusion.

Mais pour un grand nombre de ses technologies avancées étudiées, le rapport fait écho de difficultés pour les mettre en œuvre. C’est notamment le cas pour les capes d’invisibilité. « Les dispositifs de camouflage parfaits sont impossibles, car ils nécessitent des matériaux où la vitesse de la lumière approche l’infini », indique l’un des auteurs dont le nom a été effacé du rapport.

Creuser dans la Lune à coups d’explosifs

Un autre projet étudié par les membres du Advanced Aerospace Threat Identification Program a également fortement retenu l’attention. Il s’agit de la possibilité d’extraire des matériaux extrêmement légers, « 100.000 fois plus légers que l’acier, mais qui ont toujours la résistance de l’acier », dans le sol lunaire. Une quête pour laquelle l’AATIP a envisagé de creuser des tunnels à travers la croûte et le manteau lunaires à l’aide d’explosifs thermonucléaires, afin d’atteindre le cœur de l’astre terrestre.

Un projet qui ne s’est finalement – et heureusement – jamais concrétisé. Les États-Unis n’ont pas bombardé la Lune et ne semblent avoir aucune intention immédiate de le faire. La prochaine mission lunaire américaine consiste simplement à ramener des hommes sur l’astre, dans le but d’établir une présence humaine durable. Si la première partie a des chances de se concrétiser prochainement, il faudra plus de temps pour réaliser la suite du projet.

Des sommes colossales investies

Une grande partie du programme de recherche se faisait en externe, sous contrat avec la filiale de la société privée, Bigelow Aerospace Advanced Space Studies (BAASS), rapporte Vice. La première année, le programme aurait obtenu un contrat de 10 millions de dollars pour poursuivre ses recherches.

Sachant que l’AATIP a poursuivi ses recherches durant 5 ans, on peut aisément imaginer qu’il a reçu davantage de millions de dollars de financement de la part du gouvernement américain, sans que les contribuables en soient informés. Quant à savoir si l’existence même du programme a permis d’élaborer une technologie viable et utile, il semblerait que non.

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