Bill Clinton peut devenir président dans deux pays

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Lors d’une interview accordée le 25 septembre à Piers Morgan de CNN, l’ex-président démocrate des Etats Unis Bill Clinton a déclaré qu’il y a deux pays où il pourrait devenir président :

« Il y a seulement deux pays où je pourrais être éligible pour la présidence : si je déménage en Irlande et que j’y achète une maison, je peux devenir candidat pour la présidence en Irlande, grâce à mes origines irlandaises.

Et comme je suis né en Arkansas, qui faisait partie de l’achat du Louisiana Purchase [le traité de rachat des possessions françaises aux Etats Unis, englobant l’Arkansas], et pour toute personne qui est née dans un endroit qui a fait partie de l’Empire de France, si elle emménage en France, et qu’elle y réside pendant 6 mois, et qu’elle parle le français, elle peut mener campagne pour la présidence française.

En outre, au cours d’une élection présidentielle française, j’ai obtenu de très bons résultats dans les sondages. Et vous savez, j’ai dit « c’est génial, mais c’est sûrement la meilleure chose à laquelle je pourrais parvenir, parce que s’ils entendaient mon pauvre français avec un accent du sud [des Etats Unis, un accent traînant], en moins d’une semaine, je tomberais à moins de 10% des sondages et je serais fini » ».  

En vertu du 22ème amendement qui interdit à président de se présenter pour un troisième mandat, Bill Clinton, qui a été élu président en 1992 puis en 1996, ne peut plus prétendre à cette charge.

Mais l’ex-président des Etats Unis se trompe lorsqu’il affirme qu’il pourrait occuper ce poste en France, affirme Jean-Marie Pottier sur Slate. Bien qu’un candidat naturalisé français puisse tout à fait prétendre à la présidence de la République française, Clinton ne pourrait se prévaloir de sa naissance en Arkansas, ancienne possession française revendue par Napoléon en 1803 aux Etats Unis, parce que l’article 21-19 alinéa 5 du Code civil qui donnait cette possibilité a été abrogée par la loi du 24 juillet 2006 sur l’immigration et l’intégration.

Clinton devrait donc employer la méthode normale, soit épouser une Française, soit séjourner 5 ans en France pour se faire naturaliser Français, ou passer un diplôme, ce qui lui permettrait d’écourter à deux ans le délai pour obtenir la nationalité française, et se présenter ensuite, à la présidence. Il pourrait également postuler à la nationalité frnaçaise s’il rendait des services importants à la France, mais devrait également attendre deux ans, sauf si son obtention de la nationalité présentait un « intérêt exceptionnel ». Mais les politiciens français présents dans le gouvernement seraient-il motivés pour accorder ce type de dérogation à une personnalité qui serait susceptible de leur faire de l’ombre?, se demande malicieusement Pottier en conclusion. 

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