La Belgique demeure un paradis pour le travail au noir

L’ampleur de l’économie souterraine en Belgique s’est sensiblement réduite sur une période de près de 15 ans. C’est ce qui ressort d’un rapport rédigé par des scientifiques de l’université Johannes Kepler de Linz. Les chercheurs autrichiens ont constaté que l’économie souterraine représentait 21,4 % du produit intérieur brut (PIB) il y a 14 ans. Toutefois, cette part ne représente plus que 15,6 % du PIB cette année.Simultanément, les chercheurs observent que l’économie clandestine est encore relativement prospère en Belgique. Dans l’étude, seule la Grèce, l’Italie et l’Espagne enregistraient des chiffres plus importants.La valeur de l’économie souterraine belge est estimée à 65 milliards d’euros, indique Friedrich Schneider, professeur de statistique à l’université Johannes Kepler, qui a dirigé cette étude.Selon l’expert fiscal Michel Maus, on peut avancer deux explications pour ce phénomène. En premier lieu, il rappelle que beaucoup de Belges ont régularisé leur situation fiscale pour rapatrier les capitaux qu’ils détenaient sur des comptes secrets à l’étranger.De plus, les mesures prises à l’international visant à éroder davantage le secret bancaire ont eu aussi un impact.

Mentalité

En Grèce, l’économie souterraine représente 21,5 % du PIB. Les autres pays européens offrent moins d’opportunités pour faire prospérer l’économie noire.Selon Maus, la Belgique se caractérise par une combinaison d’impôts de niveaux nordiques avec une mentalité latine. En conséquence, il y aura toujours des tentations. Cette combinaison favorise l’expansion de l’économie souterraine.« Les Belges, contrairement aux pays scandinaves, ont le sentiment qu’ils obtiennent peu de services en échange de leurs impôts élevés », note l’expert. « En outre, les consommateurs belges trouvent que le contournement des règles fiscales n’est pas un gros problème. Ils se rendent compte que la probabilité d’être détecté reste très faible. »« Enfin, on utilise encore souvent l’argent liquide en Belgique. Cela permet de dissimuler plus facilement toutes sortes de transactions pour leur permettre d’échapper aux taxes ».