Barcelone, la Ville des Prodiges désormais gangrenée par la pauvreté rampante

La ville de Barcelone semble toujours aussi lumineuse. Le tourisme a marché mieux que jamais, cette année, les boutiques luxueuses du centre ville sont toujours aussi pimpantes, et la qualité des infrastructures de la ville catalane parlent pour elle. Mais derrière ce vernis, la crise, et surtout le chômage (Le taux de chômage s’établit à 19,43% en Catalogne), font des ravages, et la pauvreté, qui touche désormais 20,4% de la population catalane, commence à gangrener la population, Ce sont les associations caritatives, débordées par les arrivées de familles qui n’ont plus d’autre solution, qui se font l’écho de ce drame. Et de leur côté, ce n’est pas simple : leurs donneurs se retrouvent souvent obligés d’aider un enfant au chômage (près d’un jeune sur 2 de moins de 25 ans est au chômage en Espagne), et ne peuvent plus donner aux associations caritatives.

– Pour ceux qui retrouvent un emploi, la norme, ce sont les contrats à durée déterminée et le temps partiel. Angel Serrador, un chauffeur de cars âgé de 47 ans, marié et père de 2 enfants, est resté 3 ans au chômage avant de retrouver un contrat à temps partiel. Dans son entreprise, seuls 8 salariés sur 270 conducteurs sont titulaires d’un contrat de travail à durée indéterminé et à temps plein.

– On compte 1,4 millions de foyers dont les deux parents sont au chômage, et selon les associations caritatives, ce phénomène est en progression.

– Une loi espagnole sur les emprunts bancaires autorise les banques à s’approprier les propriétés faisant l’objet de crédits dont les titulaires font défaut pour seulement 60% de leur valeur (et même 50% de leur valeur il y a peu). Les malheureux confrontés à ce texte de loi sont expropriés, mais ils doivent tout de même continuer à payer la partie de l’emprunt qui n’a pas été couverte par cette expropriation. 300.000 personnes auraient ainsi été expropriées en Espagne, dont 59.000 en Catalogne.

– Selon l’association Caritas, entre 15 et 20 expulsions auraient lieu chaque jour en Catalogne actuellement. Or, les 70% de Catalans bénéficiaires des allocations chômage arriveraient à la limite de leur durée d’indemnisation d’ici à février 2012, et les associations caritatives redoutent une multiplication des procédures d’expulsion. Les procédures d’expulsion initiées il y a 1 an ½ à 2 ans ne sont effectivement mises en œuvre qu’à partir de maintenant.

Même les patrons s’inquiètent des conséquences de cette paupérisation dramatique de la population. Ainsi, Jordi Alberich, directeur général du Cercle d’economia, un club de réflexion du patronat catalan, souhaite que l’on mette en place d’urgence un train de mesures pour tous les Espagnols. Il estime que « le risque de conflit social est élevé, si on donne le sentiment de ne pas mettre tout le monde à contribution ».

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