Artemis-1 : un lancement fin septembre… Si tout se passe bien

Le programme lunaire Artemis de la NASA a bien du mal, sans jeu de mots, à quitter le sol. Après un second report du tir le 3 septembre dernier, la suite des événements pose question. On ne laisse pas indéfiniment une fusée de près de 100 m de haut sur sa plateforme de lancement, comme si on avait enclenché les feux de détresse.

2,79 millions de litres d’hydrogène et d’oxygène liquides

Jim Free, administrateur associé de la NASA pour le développement des systèmes d’exploration, a déclaré ce vendredi que le lancement de la mission lunaire Artemis-1 de la NASA pourrait avoir lieu le 23 ou le 27 septembre, rapporte Space.com. A condition toutefois que soient réglés les problèmes qui ont fait annuler les deux précédentes fenêtres de tir. Le 29 août, la NASA a été confrontée à un souci de refroidissement des moteurs, tandis que le 3 septembre il s’agissait d’une fuite persistante d’hydrogène liquide.

La NASA doit réparer cette fuite en remplaçant un joint autour d’une conduite de carburant de 20 centimètres sur le booster central du SLS. L’agence spatiale travaille également sur un connecteur de carburant plus petit, et elle devra ensuite mener de nouveaux tests pour s’assurer que le système de remplissage des réservoirs fonctionne enfin. Ce test est actuellement prévu pour le 17 septembre au plus tôt, mais le calendrier est serré, a déclaré Mike Bolger, responsable des systèmes d’exploration au sol de la NASA : « Je ne serais pas surpris de le voir glisser d’un jour ou deux. » Au cours de l’essai de ravitaillement, la NASA tentera une approche plus méthodique du remplissage. Le lanceur lourd SLS doit être chargé de 2,79 millions de litres d’hydrogène et d’oxygène liquides, maintenus à des températures ultra-basses, et c’est là un défi technique de taille.

Vérifier le système d’auto-destruction

Mais ce n’est pas le seul qui attend la NASA : celle-ci doit soumettre sa fusée à une vérification des batteries du système de fin de vol (FTS) du SLS, qui est conçu pour détruire la fusée si elle dévie de sa trajectoire pendant le lancement. Effectué par la Space Force, la branche spatiale de l’armée américaine, ce test doit être répété tous les 25 jours. Or, pour le mener à bien, il faut que la fusée soit tractée hors de son pas de tir et ramenée dans son hangar. Un trajet qui prend la journée, au pas d’homme, avec une fusée de 98 mètres de haut, une fois que tout est en place pour le mener à bien, ce qui nécessite encore plusieurs jours de préparation.

La NASA a donc demandé une dérogation spéciale pour ce test, afin d’éviter à la fusée un aller-retour peu pratique qui provoquerait des semaines de délai alors que – presque – tout est en place. Jim Free, administrateur associé de la NASA pour le développement des systèmes d’exploration, a déclaré avoir rencontré les administrateurs militaires du pas de tir pour aborder ce sujet: « Après nous avoir rencontrés à plusieurs reprises, ils se sont montrés très aimables et compréhensifs à l’égard de ce que nous essayons de faire. Notre travail consiste à vivre selon leurs exigences. C’est leur objectif. Et c’est notre travail de nous conformer à leurs exigences. » M. Free n’a pas révélé la durée de l’extension demandée par la NASA. L’agence avait déjà obtenu une telle dérogation à la FTS, faisant passer la limite de 20 à 25 jours.

La prochaine fenêtre de tir s’étendrait donc du 23 au 27 septembre, si tout se passe bien tant sur le plan technique que bureaucratique. « C’est la première fois que nous exploitons ce véhicule », a rappelé M. Free, ajoutant que la NASA a connu des problèmes de ravitaillement en carburant lors des programmes de la navette spatiale et d’Apollo. « Il y a des défis à relever lorsque vous essayez de faire cela. »

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