Accusé de « néocolonialisme », Mark Zuckerberg poursuit l’extension de son empire hawaïen

Il y a sept ans, Mark Zuckerberg a acheté un terrain d’environ 300 hectares sur l’île hawaïenne de Kauai. Et on ne peut pas dire qu’il se soit très bien entendu avec les locaux depuis. Ça ne l’empêche pourtant pas de continuer d’étendre son empire, avec un nouvel achat en cette fin d’année.

Mark Zuckerberg a récemment acheté 44 hectares de terres supplémentaires sur Kauai pour la modique somme de 17 millions de dollars, rapporte le Honolulu Star-Advertiser. Un achat qui fait passer son domaine hawaïen, baptisé Ko’olau Ranch, à plus de 600 hectares.

Dans la nouvelle acquisition du patron de Meta, on retrouve notamment un ancien réservoir d’une plantation de canne sucre, centenaire, qui a rompu en 2006, entraînant une inondation qui a tué sept personnes. L’installation n’a pas été réparée et est considérée comme à haut risque, mais M. Zuckerberg et son épouse, Priscilla Chan, se sont engagés à remplir les conditions légales y ayant trait, a assuré leur porte-parole Ben LaBolt à Business Insider.

« Mark et Priscilla continuent de faire leur maison au Ko’olau Ranch », a-t-il expliqué. Selon lui, le couple a « travaillé en étroite collaboration avec un certain nombre de partenaires communautaires pour exploiter un ranch en activité, promouvoir la conservation, produire une agriculture durable et protéger la faune et la flore ».

Autrement dit, les Zuckerberg ont l’intention de poursuivre leurs activités agricoles et d’élevage, en prenant soin de préserver l’environnement. Des intentions louables qui ont toutefois déjà été mises en doutes plusieurs fois par les locaux.

« Nouvelle monarchie » et « néocolonialisme »

Depuis qu’il construit son empire à Kauai, M. Zuckerberg ne profite pas d’une entente cordiale avec ses voisins. Il a d’abord provoqué leur colère en 2016, en construisant un mur de près de 2 mètres de haut autour de sa propriété dans l’intention de réduire le bruit des autoroutes et des routes avoisinantes. Selon ses détracteurs, cela dénature le paysage de la région, bloquant la vue sur l’océan depuis la route principale.

Un an plus tard, le fondateur de Facebook a intenté un procès contre des familles qui avaient des droits de propriété sur des parcelles de terrain situées dans son domaine. Il voulait les forcer à les vendre afin qu’il puisse améliorer sa « vie privée », rapporte le New York Post. Il avait déclaré à l’époque qu’il avait intenté ce procès pour « s’assurer que les petits propriétaires partiels soient payés pour leur juste part aussi. » Les personnes concernées avaient qualifié cette démarche de « néocolonialisme ».

M. Zuckerberg a fini par abandonner les poursuites, déclarant que son épouse et lui voulaient « rectifier le tir, discuter avec la communauté et trouver une meilleure approche ». Mais les parcelles ont finalement été bel et bien été vendues, à un de ses hommes de main, via un stratagème là aussi hautement polémique. C’était donc ça, « la meilleure approche ».

Selon le Honolulu Star-Adviser, des locaux ont également accusé le service de sécurité de M. Zuckerberg de harcèlement sur les plages publiques.

D’après Business Insider, les habitants de Kauai considèrent les nouveaux achats de terres de Zuckerberg (un au printemps, un récemment) comme l’établissement d’une « nouvelle monarchie » qui ne respecterait pas l’histoire de l’île.

En parallèle de ces polémiques, notons que Mark Zuckerberg et son épouse ont aussi fait dans la charité. Ils ont par exemple donné 4,2 millions de dollars à un programme d’emploi pour les résidents de Kauai qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie, ainsi que 4,85 millions de dollars pour la construction de logements abordables.

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