A partir de quand un produit peut-il être considéré comme une contrefaçon?

Le marché de la contrefaçon explose en Turquie, et on s’attend à ce qu’il atteigne 6 milliards de dollars cette année, alors qu’il n’était que de 3 milliards de dollars en 2010. « Nous sommes une république de faux » avait récemment déploré un journal turc. Il y a deux types de contrefaçon : des produits bon marché de mauvaise qualité vendus sur les marchés dans toute la Turquie, provenant souvent de Chine, et des copies d’articles de marques de luxe, comme Gucci ou Vuitton, très difficiles à distinguer des originaux, et qui sont vendus plusieurs centaines de dollars, surtout des sacs à main.

La répression s’est particulièrement durcie, sur les dernières années. En avril, la police turque a organisé une très vaste opération comprenant la perquisition de 137 échoppes dans le Grand Bazar d’Istanbul, qui recélait plus de 14.000 sacs à main contrefaits. Elle a procédé à l’arrestation de 90 commerçants. Depuis, 3 ou 4 raids de boutiques ont lieu toutes les semaines.

L’un des commerçants du bazar, qui a déjà été condamné pour de la vente de sacs à main de contrefaçon en 2008, explique comment il s’abrite désormais derrière une astuce simple : « Vous devez changer 3 choses différentes sur un sac de designer pour que cela reste légal. Si 3 détails sont différents, et si vous n’utilisez pas le logo de la marque réelle, ils ne peuvent pas vous condamner à une amende. ». L’article qui marche le mieux dans sa boutique est la copie d’un sac de marque française : « J’ai rajouté des renforts de plastique sur l’anse, et des fermetures éclair à l’intérieur ». Mais il estime qu’il ne s’agit pas de fraude. « Je suis un bon Musulman. Je vends des faux à mes clients mais je ne leur mens jamais à ce sujet. Je ne prétends jamais à quiconque que ce sont des originaux ».

Les contrefacteurs ont recours à des tactiques de plus en plus ingénieuses pour échapper à la police. Ils peuvent déplacer leur marchandise dans l’échoppe du voisin, lorsqu’ils savent qu’il y aura une perquisition. De plus, beaucoup de ces artisans travaillent pendant le week-end, avec les volets fermés, et leur marchandise est enlevée dans la nuit du dimanche, de telle sorte que lorsqu’ils rouvrent le lundi, il n’y a plus aucune trace de leur forfait.

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