À court d’argent, la Chine détourne des fonds anti-pauvreté pour financer sa politique zéro Covid

La Chine persiste dans sa politique zéro Covid particulièrement liberticide. Une politique qui lui coûte cher – au sens propre -, mais qui a également un impact sur son économie tout entière. De quoi mettre à mal ses finances et pousser le gouvernement chinois à puiser dans d’autres réserves.

Pékin a été contraint de détourner des fonds dédiés à la lutte contre la pauvreté et aux infrastructures pour financer les tests de coronavirus de masse, rapporte le Financial Times, et ce, alors que le pays fait face à des tensions monétaires croissantes. Pour endiguer la propagation du coronavirus, la Chine contraint en effet sa population à des tests réguliers, mais cela coute cher. Après plusieurs mois de politique zéro Covid, le gouvernement chinois est à court d’argent.

Un responsable de la ville du nord-est de Jilin a en effet rapporté que les autorités avaient réaffecté une part « essentielle » des fonds soutenus par l’État destinés à réduire la pauvreté pour acheter des tests PCR.

Du côté du centre industriel du sud de Quanzhou, des responsables locaux ont indiqué qu’un plan de financement d’infrastructures avait été ralenti, suite à la réaffectation des fonds pour l’achat de tests.

Un contexte monétaire déjà mis à mal

La deuxième plus grande puissance du monde est en mauvaise posture depuis près de deux mois. La Chine fait en effet face à sa pire épidémie de coronavirus depuis le début de la pandémie. Une situation qui pèse sur sa population, mais aussi sur l’ensemble de son économie, car confinés, les travailleurs ne peuvent se rendre à l’usine. De quoi freiner la production (-2,9%) et donc faire chuter les rentrées d’argent provenant de l’étranger. La consommation a également chuté (-11,1%), de même que la valeur du yuan ou simplement les actions des entreprises chinoises.

Les nombreux tests Covid imposés par la Chine pourraient couter jusqu’à 250 milliards de dollars, soit 9% des revenus fiscaux du pays en 2021, selon Dongwu Securities. Les stations de tests se sont multipliées à grande vitesse dans le pays. Le vice-premier ministre chinois, Solar Chunlan, a demandé à ce qu’une station soit disponible à moins d’un quart d’heure de marche. La population doit passer un test et présenter un résultat négatif 48 à 72 heures avant de rentrer dans certaines villes.

Tous ces tests toutes les 48 heures couteraient jusqu’à 1,8% du PIB chinois, selon l’institution financière japonaise Nomura.

Or, la politique zéro Covid dans laquelle s’inscrivent les tests réguliers n’est pas efficace pour lutter contre le coronavirus, selon plusieurs experts.

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