« À combien s’élève le déficit ? » : Alexia Bertrand (Open Vld), secrétaire d’État au Budget, incapable de répondre…

  • Séquence assez hallucinante sur LN24 ce matin. La nouvelle secrétaire d’État au Budget Alexia Bertrand était l’invitée de Martin Buxant. Hier, à la Chambre, après près de neuf heures de séance, la Commission a finalement approuvé le budget de l’année prochaine. Et il faut le dire : Bertrand a tenu bon, face à un feu nourri de questions de l’opposition.
  • Parce que, bien sûr, les députés de l’opposition n’ont cessé de se demander si le coût de la réduction de la TVA sur le gaz et l’électricité figurait ou non dans ce budget. Le mois dernier, l’ancienne secrétaire d’État au budget Eva De Bleeker (Open Vld) a dû démissionner sur cette question : elle a été accusée par le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) d’avoir commis « une erreur matérielle ». En raison de sa décision d’inclure ce coût, le déficit global de la Belgique est soudainement passé de 5,9 à 6,1 % du PIB.
  • « La seule certitude, c’est l’incertitude. Tout dépendra des prix en mars », s’est défendue Bertrand, rapporte Belga. En ce sens, elle a raison : si les prix n’ont pas suffisamment baissé d’ici là, en principe, aucun droit d’accise ne sera alors introduit, c’est ainsi que l’accord a été passé au sein du gouvernement.
  • Mais du côté de l’opposition, Sander Loones, monsieur budget de la N-VA, a provoqué les partis de gauche de la majorité : « Aucune décision n’a donc été prise ? », alors que Vooruit, entre autres, avait annoncé que la réduction de la TVA était « définitive ».
  • À cela, Vooruit et le PS ont répondu : « Oui, la décision a été prise », a argumenté Melissa Depraetere (Vooruit), qui a rappelé que les textes juridiques du ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V) étaient déjà au Conseil d’État pour avis.
  • Mais ce matin, Bertrand a complètement déraillé sur le plan de la communication. Car à la question simple « à combien s’élève réellement aujourd’hui le déficit budgétaire de l’État belge », elle n’a pas pu formuler de réponse claire.
    • « Si nous regardons ce déficit, c’est-à-dire tous les gouvernements réunis, nous arrivons à 5,9 % du PIB », a déclaré Bertrand avec assurance.
    • « Mais combien cela représente-t-il exactement, en termes d’argent ? », a voulu savoir Buxant.
    • « C’est beaucoup. Beaucoup trop », a esquivé Bertrand. « Et je peux vous dire que nous travaillons tous les jours pour réduire cela. »
    • « Mais de combien s’agit-il exactement ? »
    • « Nous parlons de milliards ».
    • « Oui, mais combien ? »
    • « Eh bien, les chiffres, je ne veux pas les dire, pour ne pas faire d’erreur, mais je vais vérifier. »

Nucléaire : Aucune décision hier au kern au sujet de l’énergie nucléaire. On décidera le mois prochain. Les travaux se poursuivent…

  • Visite d’Elia, le gestionnaire du réseau à haute tension, et de Fluxys, qui exploite le réseau de gaz, au sommet du gouvernement fédéral, hier soir. Tous deux sont venus présenter leur rapport sur la sécurité d’approvisionnement. Et cela suscite une certaine inquiétude : les hivers 2025 et 2026 sont à risque, c’est ce qui ressort de ces rapports. Et ce faisant, ils ont manifestement souligné les problèmes que connaît actuellement la France avec son parc nucléaire.
  • Cela a immédiatement relancé le débat autour des centrales nucléaires au sein de l’équipe fédérale. Les Verts ont donné l’impulsion en suggérant que Doel 4 et Tihange 3 pourraient combler l’incertitude, en échelonnant l’utilisation de combustibles. Mais la possibilité de prolonger Doel 1 et 2 et Tihange 1 était également envisageable, selon les experts.
  • Hier, tout a été examiné au sein du kern, mais aucune décision n’a été prise. Il est en fait difficile de trancher, car dans le même temps, les négociations avec Engie, l’exploitant des centrales nucléaires, traînent en longueur.
  • Au sein du gouvernement, les Verts sont vivement critiqués : « Ces rapports et toute la communication qui les entoure sont utilisés pour contourner le problème de la sécurité de l’approvisionnement », déclare un vice-premier ministre. « Parce que le fait que notre sécurité d’approvisionnement sera compromise en 2025 et 2026, en raison de l’incertitude des centrales nucléaires en France, n’est tout simplement pas correct. »
  • Il a été clairement indiqué dès le début « que la France connaît actuellement des problèmes, mais qu’ils devraient être résolus d’ici le printemps ». Dès lors, un scénario, « contraint par le manque de fiabilité de l’énergie nucléaire française », n’est « qu’une demi-vérité », selon un membre du kern.
  • Quoi qu’il en soit, la Vivaldi se retrouvera en janvier pour trancher. Et cela risque bien d’être une nouvelle discussion très animée, car prolonger plus de deux réacteurs, comme le veulent les libéraux et le cd&v, sera très compliqué à avaler pour les Verts.
  • Mais il s’agit d’un jeu à trois bandes. Comme on l’a vu, c’est Engie qui dispose des meilleures cartes.
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