Principaux renseignements
- Les puissances régionales et le Pakistan mènent activement des efforts de médiation pour transformer une trêve fragile en paix durable.
- La flambée des prix du pétrole et les pressions politiques internes poussent le président Trump vers une résolution diplomatique.
- Les ambitions nucléaires et la fermeture du détroit d’Ormuz restent les principaux obstacles à un accord.
Les puissances régionales du golfe Persique et le Pakistan intensifient leurs efforts diplomatiques pour transformer une trêve précaire en un accord de paix durable. Cette initiative intervient alors que le président américain Donald Trump laisse entendre qu’une résolution du conflit pourrait être imminente. Afin de faciliter ces pourparlers, le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, qui joue un rôle clé de médiateur entre Washington et Téhéran, a mené vendredi des négociations prolongées jusque tard dans la nuit avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. M. Araghchi a également eu des échanges diplomatiques séparés avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et des représentants de l’Irak, du Qatar, de la Turquie et d’Oman.
Instabilité économique
La cessation actuelle des hostilités a été mise en place il y a six semaines à la suite d’un cycle de violence qui a débuté avec les frappes aériennes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février. L’Iran a riposté par des frappes de drones et de missiles dans toute la région du golfe Persique, faisant des milliers de victimes, principalement à l’intérieur des frontières iraniennes.
Malgré la trêve, un règlement permanent reste hors de portée, ce qui provoque une instabilité sur les marchés énergétiques mondiaux et fait grimper les prix du pétrole au-delà de 100 dollars le baril. En conséquence, l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis ont exhorté le président Trump à prolonger le délai consacré aux délibérations diplomatiques.
« Légers progrès dans les pourparlers de paix »
La position du président Trump a oscillé entre l’optimisme quant à un accord rapide et des avertissements concernant de nouvelles actions militaires. Lors d’un rassemblement à New York vendredi, il a affirmé que la guerre prendrait fin sous peu et a prédit une baisse des prix du pétrole une fois ses négociations avec l’Iran conclues.
Soutenant cette position avec prudence, le secrétaire d’État Marco Rubio a noté de « légers progrès » lors d’une réunion de l’OTAN en Suède. Dans le même temps, des sources iraniennes, par l’intermédiaire de l’agence de presse Tasnim, ont indiqué que, bien que les discussions aient progressé davantage que lors des précédentes, aucun accord final ne serait signé tant que tous les points de discorde n’auraient pas été réglés.
Menaces militaires
Les tensions restent vives, le ministère iranien de la Défense ayant, par l’intermédiaire de l’agence de presse Fars, critiqué l’approche de Trump, la qualifiant d’arrogante et de trop alignée sur Israël, et averti qu’une telle voie mènerait à un conflit plus profond. Parallèlement, des informations de CBS News et d’Axios suggèrent que les États-Unis pourraient encore planifier des frappes aériennes supplémentaires. Des responsables militaires iraniens ont averti que toute nouvelle agression de la part des États-Unis ou d’Israël risquerait d’étendre le théâtre des opérations à de nouvelles régions.
Sur le plan intérieur, Trump fait face à une pression croissante de la part des citoyens américains, frustrés par la flambée des prix de l’essence, et des législateurs à l’approche des élections de mi-mandat décisives. Ce revirement politique était manifeste au Sénat, dominé par les républicains, où un vote de procédure a révélé une opposition croissante à la guerre. Pour éviter une défaite publique potentielle, la direction du Parti républicain a récemment annulé un vote prévu sur le conflit.
L’impasse nucléaire
Deux obstacles principaux continuent de faire obstacle à une percée diplomatique : la gestion du détroit d’Ormuz — une artère énergétique vitale actuellement en grande partie fermée — et le statut des ambitions nucléaires de l’Iran. Les États-Unis exigent un arrêt de l’enrichissement d’uranium pendant une décennie afin d’empêcher la fabrication d’armes nucléaires, une condition que l’Iran a rejetée tout en affirmant ne pas chercher à se doter de la bombe atomique.
Selon l’Eurasia Group, une résolution diplomatique est légèrement plus probable qu’une nouvelle escalade. Le groupe suggère que tout accord immédiat consisterait probablement en une prolongation temporaire de 30 jours du cessez-le-feu afin de laisser plus de temps pour négocier ces différends fondamentaux.
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