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Italie, 4 décembre… Serait-ce le prochain domino ?

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22/11/2016 | Dominique Dewitte | 6 min de lecture

Le 4 décembre, les Italiens se rendent aux urnes pour approuver ou rejeter une réforme proposée par le Premier ministre Matteo Renzi. Mais comme David Cameron avant lui, qui avait proposé d’organiser le referendum du brexit, Renzi joue gros avec cette décision : son destin politique, mais aussi l’avenir de l’Italie, et celui de l’ensemble de l’UE.

L’opposition de Renzi se compose de trois partis, dont le populiste Mouvement Cinq étoiles de Beppe Grillo. Ce dernier a réussi à remporter les villes de Rome et Turin au cours des dernières élections municipales, mais aussi une série de petites. Le parti anti-immigrés de la Ligue du Nord, qui, comme le Mouvement Cinq étoiles, veut remettre en question l’adhésion de l’Italie à la zone euro, et qui veut surfer sur la vague anti-establishment qui déferle sur l’Occident, se tient aussi en embuscade.

Parmi les propositions contenues dans la réforme de Renzi, se trouve un projet visant à supprimer 300 sièges au Sénat italien. Beaucoup ont salué cette proposition, mais d’autres suggèrent qu’elle permettra de réduire davantage le contrôle sur le gouvernement, ce qui pourrait bien être un problème si jamais les populistes s’emparaient du pouvoir. Il y a tant en jeu.

La partie est-elle jouée ?

Dans le Financial Times, l’expert de l’Europe Wolfgang Münchau s’inquiète d’un possible éclatement de la zone euro :

« L’Italie compte trois partis d’opposition, qui sont tous en faveur d’une sortie de l’euro. Le plus grand et le plus important est le Mouvement Cinq étoiles.  (…) Dans les pays démocratiques, il n’est pas rare que les partis d’opposition accèdent au pouvoir. Attendez-vous à ce que cela se produira en Italie.  Le référendum est crucial, car il pourrait ouvrir la voie à une sortie de l’euro.

Si Renzi perd, il a dit qu’il donnerait sa démission, ce qui pourrait mener au chaos politique. Les investisseurs pourront alors conclure que la partie est jouée. Le 5 décembre,  l’Europe pourrait se  réveiller avec une menace immédiate de désintégration ».

 

Beppe Grillo

ANDREAS SOLARO / AFP

Le problème des banques italiennes rend une sortie de l’euro hasardeuse

Sur Twitter Pieter Cleppe, directeur du think-tank Open Europe à Bruxelles, se fait moins de soucis :

(Traduction : « Je pense que Munchau se trompe : en effet, s’il y a un référendum sur l’euro, les Italiens voteront en faveur du maintien, en raison de leurs craintes concernant leurs dépôts »).

Cleppe considère que les Italiens ne quittent pas rapidement de la zone euro parce qu’une telle décision menace de décimer la valeur de leurs dépôts.

L’Italie est par ailleurs assise sur une montagne de prêts défaillants, dont le total représente 21 % du produit intérieur brut du pays, soit 350 milliards d’euros. Ces non performing loans (le terme est emprunté au secteur bancaire anglo-saxon) ont triplé depuis 2007, et ils fragilisent le secteur bancaire italien.

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L’Italie, le prochain domino ?

Le journal portugais Espresso avertit à nouveau pour l’année des élections européennes 2017 :

« Renzi a annoncé qu’il démissionnerait si la réforme de la constitution est rejetée. Cette menace ne l’a pas aidé dans les sondages, mais elle sonne comme une douce musique aux oreilles des populistes, à commencer par ce clown [et patron du Mouvement Cinq Etoiles] de Beppe Grillo, dont le rêve est de voir brûler Rome par décret. (…)

La crise suivante de la démocratie occidentale suivra moins de deux semaines plus tard. Bizarrement, l’Autriche votera le même jour – pour choisir entre un Vert ou un populiste d’extrême-droite pour  son président. (…)

Le 4 décembre est clairement une répétition générale de ce à quoi l’Europe pourra s’attendre dans l’année électorale qui suivra [et au cours de laquelle les peuples de France, des Pays-Bas et de l’Allemagne devraient se rendre aux urnes, ndlr]. (…)

Les marchés peuvent modérer Trump, le monde peut faire comme si de rien n’était, les Italiens peuvent vivre sans gouvernement et les Autrichiens peuvent avoir un populiste d’extrême droite au pouvoir.  Mais la somme de tous ces facteurs cimentera la situation dans laquelle nous nous trouvons : les barbares ont franchi les portes et s’en réjouissent ».

Hollande - Merkel -Renzi

AFP PHOTO / John MACDOUGALL


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